La 15e Biennale d'art contemporain de Lyon "prend une ampleur sans précédent"

Un visiteur passe derrière l\'installation de l\'artiste sud-africain Simphiwe Ndzube à la Biennale d\'art contemporain de Lyon, le 16 septembre 2019 dans une ancienne usine Fagor-Brandt, à l\'avant-veille de l\'ouverture au public de la manifestation.
Un visiteur passe derrière l'installation de l'artiste sud-africain Simphiwe Ndzube à la Biennale d'art contemporain de Lyon, le 16 septembre 2019 dans une ancienne usine Fagor-Brandt, à l'avant-veille de l'ouverture au public de la manifestation. (JEFF PACHOUD / AFP)

Pour sa 15e édition, la Biennale d'art contemporain s'ouvre mercredi à Lyon dans une surface d'exposition cinq fois plus grande.

La Biennale, qui accueille ce mardi le ministre de la Culture Franck Riester, "prend cette année une ampleur sans précédent", souligne la directrice artistique de la Biennale Isabelle Bertolotti. Ainsi, pour sa 15e édition, à partir de mercredi et jusqu'au 5 janvier 2020, ce rendez-vous incontournable de l'art contemporain a quitté La Sucrière, dans le quartier de la Confluence, pour une surface d'exposition cinq fois plus grande, dans les anciennes usines d'électroménager Fagor-Brandt, ancien fleuron de l'industrie lyonnaise, à Gerland.

Bon exemple de "l'urbanisme transitoire" que la métropole souhaite développer, utiliser "des sites inoccupés ou à l'état de friches doit permettre de tester des projets innovants avant de les lancer de manière définitive", explique l'adjoint à l'Urbanisme Michel Le Faou, cité par l'AFP.

Une installation de l\'artiste français Léonard Martin, 28 ans, \"La Mêlée\", à la Biennale de Lyon, sur le site de l\'ancienne usinne Fagor-Brandt (16 septembre 2019)
Une installation de l'artiste français Léonard Martin, 28 ans, "La Mêlée", à la Biennale de Lyon, sur le site de l'ancienne usinne Fagor-Brandt (16 septembre 2019) (JEFF PACHOUD / AFP)

La Biennale se déploie sur plusieurs sites

La Biennale se déploie également dans l'intégralité du Musée d'art contemporain (MACLyon), au Musée des Beaux-Arts de Lyon et dans de nombreux lieux de la métropole et de la région Auvergne-Rhône-Alpes. En écho à la géographie de Lyon où se rejoignent le Rhône et la Saône, la Biennale 2019 s'intitule Là où les eaux se mêlent, titre emprunté à un poème de Raymond Carver.

C'est l'équipe du Palais de Tokyo, à Paris, qui assure le commissariat de l'édition 2020 et a parcouru le monde pour dénicher les artistes exposés. Venant de Bangkok, Buenos Aires, New York, Johannesburg, Mexico, Moscou ou Rome, mais aussi de Paris, Lyon ou Saint-Étienne, les artistes ont été invités à concevoir des oeuvres in situ en tenant compte de l'histoire et de l'architecture des lieux.

Les entreprises de la région ont participé à ce défi, de la métallurgie à la chimie, en passant par le textile, le BTP ou l'automobile, des technologies de pointe aux savoir-faire traditionnels. Résultat de cette fusion artistico-industrielle : les tuyaux labyrinthiques en acier inoxydable de la Coréenne Yona Lee, qui vit en Nouvelle-Zélande, le centaure mécanique de l'Italien Nico Vascellari, ou encore des systèmes digestifs sculptés, un tunnelier réinventé, des tissus étirés...

Dans l\'ancienne usine Fagor-Brandt, la création \"Elastic Bonding\" de la Suédoise Malin Bülow implique des performances de danseurs emprisonnés dans des membranes (16 septembre 2019, Lyon)
Dans l'ancienne usine Fagor-Brandt, la création "Elastic Bonding" de la Suédoise Malin Bülow implique des performances de danseurs emprisonnés dans des membranes (16 septembre 2019, Lyon) (JEFF PACHOUD / AFP)
La Suédoise Malin Bülow propose de son côté une vaste performance, Elastic Bonding, où évoluent des danseurs emprisonnés dans des membranes textiles suspendues, qui semblent être des extensions de leur peau et se fondent dans l'architecture du bâtiment.

Le Français Jean-Marie Appriou dévoile une installation monumentale en fonte d'aluminium qui se déploie dans l'espace comme un roncier tandis que l'Anglaise Rebecca Ackroyd confronte à l'échelle XXL des usines Fagor ses sculptures de corps mutants et asexués.

Simphiwe Ndzube, artiste sud-africaine qui vit à Los Angeles, met en scène deux processions de sculptures hybrides, échos des thèmes qui hantent son travail, l'Apartheid et le post-colonialisme, tout en tissant des liens avec la révolte des canuts à Lyon. Sa compatriote Bianca Bondi imagine une "cuisine cristallisée" sous un manteau de sel, clin d'œil à la production d'électroménager des Usines Fagor.

L'énigmatique installation Tetzahuitl du Mexicain Fernando Palma Rodriguez met en scène 43 robes d'enfants qui montent et descendent lentement à l'aide d'un système robotique.
L\'artiste Pamela Rosenkranz travaille sur son installation, le 16 septembre 2019 dans l\'ancienne usinne Fagor-Brandt
L'artiste Pamela Rosenkranz travaille sur son installation, le 16 septembre 2019 dans l'ancienne usinne Fagor-Brandt (JEFF PACHOUD / AFP)

Tout aussi mystérieux, Evian Waters de l'artiste suisse Pamela Rosenkranz : talc et poudre rose de maquillage emplissent un cercle au sol. Chaque jour, de l'eau minérale y sera déversée, créant rigoles et cratères dans les matières mixées.

Plus loin, la Coréenne Minouk Lim invite le visiteur le long d'un canal phosphorescent où progresse une boule de flipper géante. Au bord de l'eau, un costume traditionnel coréen semble attendre une lavandière. À l'extérieur, une peinture de l'Américain Stephen Powers anime la façade.

Des artistes vont intervenir sur toute la métropole

Mais la Biennale de Lyon se veut "multi-sites" et des interventions d'artistes, en lien avec les habitants, essaiment dans toute la métropole. La Jeune création internationale se retrouve elle à l'Institut d'art contemporain (IAC) de Villeurbanne.

Pendant la Biennale, le public pourra aussi découvrir des expositions dans de nombreux lieux de la région, de Vienne (Isère) à Annemasse (Haute-Savoie), en passant par le couvent de La Tourette construit par Le Corbusier, à une trentaine de kilomètres de Lyon.

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