De Soulages à Greco, douze expositions à voir à Paris pendant les fêtes

Greco (Domínikos Theotokópoulos), \"Pietà\" 1580-1590 (détail), collection particulière
Greco (Domínikos Theotokópoulos), "Pietà" 1580-1590 (détail), collection particulière (© collection particulière)

Si vous n'avez pas réservé votre billet pour Léonard de Vinci au Louvre, c'est trop tard, c'est complet jusqu'à la fin. Mais vous pourrez vous consoler avec Greco au Grand Palais, Soulages au Louvre, Francis Bacon au Centre Pompidou, Toulouse-Lautrec au Grand Palais, Luca Giordano au Petit Palais ...

Peinture, photographie, design, sculpture, installation : de Pierre Soulages à Greco, en passant par Charlotte Perriand et Peter Hujar, voici quelques idées d'expositions à voir à Paris, pendant les fêtes.

Greco au Grand Palais, l'autre exposition inratable

Greco (Domínikos Theotokópoulos), \"Pietà\" (détail) 1580-1590, collection particulière
Greco (Domínikos Theotokópoulos), "Pietà" (détail) 1580-1590, collection particulière (© collection particulière)

Léonard de Vinci au Louvre (désormais inaccessible, les réservations sont complètes jusqu'à la fin) lui a fait un peu d'ombre. Il y a pourtant une autre exposition exceptionnelle à Paris en ce moment. En 75 tableaux, elle raconte un génie absolu de la peinture, Greco (1541-1614), né Domínikos Theotokópoulos en Crète, peintre d'icônes, formé en Italie à l'art de la Renaissance et devenu célèbre en Espagne, à Tolède. Un artiste à part, fascinant, dont le style puissant est inclassable. C'est la première rétrospective en France, au Grand Palais. A ne rater à aucun prix (jusqu'au 10 février 2020).

Pierre Soulages fête ses cent ans au Louvre et au Centre Pompidou

Pierre Soulages \"Peinture\"222 x 314 cm 24 février 2008\", Paris, Pierre Soulages
Pierre Soulages "Peinture"222 x 314 cm 24 février 2008", Paris, Pierre Soulages (© Archives Soulages/ADAGP, Paris 2019)

Fait exceptionnel pour un artiste contemporain, le Louvre offre une rétrospective à Pierre Soulages pour ses cent ans (jusqu'au 9 mars 2020). En une vingtaine d'œuvres, l'exposition traverse huit décennies de création du père de l'outrenoir, avec quelques brous de noix, goudrons sur verres et peintures des années 1950-1970 où il fait contraster le noir avec le blanc ou l'ocre, et surtout des peintures toutes noires, qu'il a inventées en 1979. Trois toutes nouvelles toiles, verticales, datent d'il y a quelques semaines. Par ailleurs une sélection de quatorze autres œuvres de Pierre Soulages, issues des 25 conservées par le Centre Pompidou, sont à voir au Musée national d'art moderne. 

Luca Giordano, un grand peintre baroque napolitain, au Petit Palais

Luca Giordano, \"Enlèvement de Déjanire\" [Ratto di Deianira], 1655-1660
Luca Giordano, "Enlèvement de Déjanire" [Ratto di Deianira], 1655-1660 (Palerme, Palazzo Abatellis)

Le Petit Palais présente la première exposition à Paris du peintre napolitain Luca Giordano (1634-1705). Surdoué et prolifique, séduisant aussi bien dans le tourbillon lumineux de ses fresques ou grands tableaux d'église que dans la gravité sombre, il a été reconnu très jeune. Il a pourtant fait l'objet de peu d'expositions, que ce soit en France ou ailleurs. Une visite au Petit Palais s'impose pour apprécier toute la virtuosité d'un artiste qui a séduit l'Europe au XVIIe siècle (jusqu'au 23 février 2020).

Peter Hujar, photographe du New York underground des années 1980, sort de l'ombre au Jeu de Paume

Peter Hujar, \"Candy Darling sur son lit de mort\", 1973, Collection Ronay et Richard Menschel
Peter Hujar, "Candy Darling sur son lit de mort", 1973, Collection Ronay et Richard Menschel (© Peter Hujar Archive, LLC, courtesy Pace/MacGill Gallery, New York and Fraenkel Gallery, San Francisco)

Figure des milieux artistiques et de l'underground new-yorkais des annnées 1960-1980, Peter Hujar (1934-1987) était un grand portraitiste. Il a photographié avec une grande sensibilité, dans un noir et blanc très classique, des célébrités, des anonymes, des animaux. Il s'est particulièrement intéressé au travestissement et aussi aux lieux abandonnés et interlopes de la ville. Il a été peu exposé de son vivant et c'est la première fois qu'une exposition importante lui est consacrée à Paris, au Jeu de Paume (jusqu'au 19 janvier 2020).

Les deux dernières décennies de Francis Bacon au Centre Pompidou

Francis Bacon, \"Tritych\", 1976, Collection privée
Francis Bacon, "Tritych", 1976, Collection privée (© The Estate of Francis Bacon /All rights reserved / Adagp, Paris and DACS , London 2019 © The Estate of Francis Bacon. All rights reserved. DACS /Artimage 2019. Photo: Prudence Cuming Associates Ltd)

Une soixantaine de toiles de Francis Bacon, dont 12 triptyques impressionnants, datant des années 1971-1992 sont exposées au Centre Pompidou jusqu'au 20 janvier. On peut oublier le propos littéraire de l'exposition qui met en relation les œuvres du peintre britannique avec les livres de sa bibliothèque et se laisser saisir par la force des tableaux et de ses créatures aux corps tronqués, de ses figures hantées par la violence, la mort et l'érotisme.

Les années figuratives de Piet Mondrian au Musée Marmottan

Piet Mondrian, \"Moulin dans le crépuscule\", vers 1907-1908
Piet Mondrian, "Moulin dans le crépuscule", vers 1907-1908 (© Kunstmuseum Den Haag, The Hague, the Netherlands)

Piet Mondrian est plus connu pour ses œuvres abstraites, des toiles blanches parcourues de lignes horizontales et verticales noires délimitant des carrés et des rectangles rouges, jaunes, bleus. Le musée Marmottan nous invite à admirer un autre Mondrian, le très beau peintre figuratif des débuts, un artiste en recherche constante. On découvre d'ailleurs que pendant longtemps abstraction et figuration ont cohabité dans son œuvre, que les verticales et horizontales qui ont caractérisé ses œuvres tardives étaient déjà présentes dans ses paysages de jeunesse (jusqu'au 26 janvier 2020).

Le dessin, les couleurs et les femmes de Toulouse-Lautrec au Grand Palais

Henri de Toulouse-Lautrec, \"Au Salon de la rue des Moulins\",1894, Albi, Musée Toulouse-Lautrec
Henri de Toulouse-Lautrec, "Au Salon de la rue des Moulins",1894, Albi, Musée Toulouse-Lautrec (© Musée Toulouse-Lautrec, Albi, France)

De la peinture des bordels et des filles de Paris à l'art de l'affiche et aux dernières toiles d'une nouveauté prometteuse, le Grand Palais montre tous les aspects de l'œuvre d'Henri de Toulouse-Lautrec. Au-delà des nuits de Montmartre, l'exposition nous présente un grand dessinateur, précurseur à bien des égards, qui annonce notamment le fauvisme avant de disparaître à 37 ans (jusqu'au 27 janvier 2020).

Charlotte Perriand à la Fondation Louis Vuitton : un design révolutionnaire au service de l'homme

Charlotte Perriand, \"Perspective du Bar et de la salle à mangerde la place Saint-Sulpice\", 1927, publié dans : Francis Jourdain, \"L’Art international d’aujourd’hui\", volume no 6 consacré aux intérieurs, planche 40 Paris, Charles Moreau, 1929
Charlotte Perriand, "Perspective du Bar et de la salle à mangerde la place Saint-Sulpice", 1927, publié dans : Francis Jourdain, "L’Art international d’aujourd’hui", volume no 6 consacré aux intérieurs, planche 40 Paris, Charles Moreau, 1929 (© Adagp, Paris, 2019 © AChP)

De Charlotte Perriand, qui a réalisé pendant dix ans les intérieurs de Le Corbusier, on connait surtout les meubles en acier chromé. La fondation Louis Vuitton lui a ouvert tous ses espaces où on découvre les multiples facettes et les engagements d'une pionnière du design, amie des artistes de son temps et femme engagée pour les causes sociales et contre le franquisme (jusqu'au 24 février 2020).

Barbara Hepworth, une sculptrice britannique à découvrir au Musée Rodin

Barbara Hepworth taillant une œuvre au Palais de Danse, 1961, The Hepworth photograph collection
Barbara Hepworth taillant une œuvre au Palais de Danse, 1961, The Hepworth photograph collection (© Photographie Mathews)

Le musée Rodin propose la première exposition monographique à Paris de Barbara Hepworth (1903-1975), figure majeure de la sculpture britannique du XXe siècle, méconnue en France. Dans l'entre-deux-guerres, elle a côtoyé Henry Moore, Picasso, Mondrian et de nombreux autres artistes. En quête d'une nouvelle esthétique, elle crée des formes abstraites, pures et poétiques qui jouent avec le plein et le vide, le convexe et le concave. L'artiste, pour qui la sculpture est "une projection tridimensionnelle de sentiments primitifs", travaille à la main le marbre et l'albâtre, la pierre et l'ardoise, les bois durs tropicaux, l'acajou et le sycomore. Elle trouve l'inspiration dans la nature des Cornouailles où elle vit (jusqu'au 22 mars 2020).

Hans Hartung au Musée d'art moderne de Paris

Hans Hartung, \"T1973-E12\", 1973, Fondation Gandur pour l’Art, Genève
Hans Hartung, "T1973-E12", 1973, Fondation Gandur pour l’Art, Genève (© Fondation Gandur pour l’Art, Genève © ADAGP, Paris, 2019 - Photo : Sandra Pointet)

Après travaux, le Musée d'art moderne de la ville de Paris, rebaptisé Musée d'art moderne de Paris, a rouvert avec un hommage à Hans Hartung (1904-1989), artiste allemand exilé en France, figure pionnière de l'abstraction. Une rétrospective qui décline la grande diversité de supports et techniques qu'il a expérimentés pendant presque sept décennies de création. Un artiste en recherche constante aussi sur la couleur et le format (jusqu'au 1er mars 2020).

Christian Boltanski au Centre Pompidou

Christian Boltanski, \"Crépuscule\", 2015, Vue de l\'exposition collective \"Invento : As Revolucoes que nos inventaram\", São Paulo, Oca - Parque Do Ibirapuera, 2015Archives Christian Boltanski
Christian Boltanski, "Crépuscule", 2015, Vue de l'exposition collective "Invento : As Revolucoes que nos inventaram", São Paulo, Oca - Parque Do Ibirapuera, 2015Archives Christian Boltanski (Photo © Joana França)

Le Centre Pompidou accueille une rétrospective de Christian Boltanski, un artiste dont les installations interrogent la destinée humaine à travers la trace ou l'absence de trace que chacun laisse derrière lui, qui met en scène la fragilité de l'être. Un plasticien qui s'exprime en utilisant de nombreuses disciplines, la photographie, la sculpture, le témoignage sonore, les installations, les assemblages ou les films. Il a imaginé un parcours de 2 000 m2 conçu comme un cheminement, une méditation, à travers un choix d'œuvres qui dressent la scène d'une grande métaphore du cycle humain (jusqu'au 16 mars 2020).

Degas, le peintre des danseuses, au musée d'Orsay

Edgar Degas, \"Le foyer de la danse\", 1890 -1892, Washington, National Gallery of Art
Edgar Degas, "Le foyer de la danse", 1890 -1892, Washington, National Gallery of Art (©Image Courtesy National Gallery of Art, Washington DC)

L'opéra est un thème central dans le travail d'Edgar Degas : il en explore tous les lieux, la salle, la scène, les loges, le foyer, y observant les danseuses, les musiciens, les spectateurs, y expérimentant divers points de vue, éclairages, y étudiant le mouvement et le geste. Le musée d'Orsay se penche sur le lien passionné que l'artiste avait avec cette maison et les infinies ressources qu'elle lui a procurées (jusqu'au 19 janvier 2020)

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