De Claude Monet à Gustave Caillebotte : photos, vidéos, podcasts, une promenade virtuelle dans les collections du musée d'Orsay

Julian Schnabel au musée d\'Orsay en 2018, entre l\'autoportrait de Vincent Van Gogh et une de ses oeuvres.
Julian Schnabel au musée d'Orsay en 2018, entre l'autoportrait de Vincent Van Gogh et une de ses oeuvres. (PHOTO SOPHIE CREPY BOEGLY)

Le musée d'Orsay confiné publie sur les réseaux sociaux ses plus beaux paysages et propose avec Arte un documentaire sur James Tissot, en attendant l'exposition qui n'a pas pu ouvrir ses portes.

Confinés chez vous, découvrez les plus beaux paysages du musée d'Orsay, de Monet à Pissarro, sur Facebook et Twitter, en attendant l'exposition du dandy James Tissot, qui a si bien peint la haute société à Londres et à Paris. Le musée propose aussi des podcasts, des commentaires d'oeuvres par des artistes, des "promenades imaginaires" pour les enfants.

Si vous vous rendez sur le site du musée d'Orsay, vous trouverez la page d'accueil habituelle, avec seulement un petit message vous prévenant (on s'en serait doutés) que le musée était fermé. Et une pastille officielle Covid 19 vous envoyant aux informations gouvernementales sur le coronavirus. Pas de contenu en ligne spécial, penserez-vous, pour visiter le musée parisien dédié à l'art des années 1848 à 1914, ouvert dans l'ancienne gare d'Orsay, qui possède la plus grande collection impressionniste et post-impressionniste.

Et pourtant, depuis sa fermeture, le musée d'Orsay propose bien des contenus en ligne, essentiellement sur les réseaux sociaux, qui invitent à découvrir des oeuvres de ses collections. Nous les avons explorés pour vous.

Les plus beaux paysages des collections

Orsay présente par exemple chaque jour sur Twitter, Instagram et Facebook un de ses plus beaux paysages. Le 1er avril, c'était Hôtel des roches noires. Trouville (1870) de Claude Monet. Le 31 mars Les toits rouges, coin de village, effet d'hiver (1877) de Camille Pissarro, avec une analyse de l'oeuvre. Le 27 mars, on avait rendez-vous avec une sublime paysage de neige de Claude Monet, La Pie (1868-1869). Des photos des œuvres étaient déjà accessibles sur le site du musée mais celles qui sont publiées sur les réseaux depuis le début du confinement sont de meilleure qualité, un peu plus grandes, plus fidèles aux couleurs.

Et puis le musée lance sur Twitter #Dansnoscollections, pour faire découvrir des oeuvres moins connues, commentées par les conservateurs.

Par ailleurs, le musée d'Orsay demande à des écrivains ou des artistes de choisir pendant une semaine des œuvres des collections et de raconter pourquoi ils les aiment particulièrement. La semaine dernière, on avait la sélection en ombre et en lumière du peintre et réalisateur Julian Schnabel : il évoquait la dimension dramatique du Bon Samaritain (vers 1870) de Théodule Ribot ou la liberté de Claude Monet dans le choix de son sujet avec Les Dindons (1877).

Cette semain­e, c'était l'écrivaine Maylis de Kerangal qui nous parlait de la grâce et du chaos réunis dans La mer orageuse dit aussi La vague (1870), de Gustave Courbet. Et de la Gare Saint-Lazare de Claude Monet (1877), "nouvelle cathédrale du Progrès" mais à ses yeux tableau "intemporel".

Les dessins de Jean-Philippe Delhomme sur Instagram

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Début janvier, le musée d'Orsay avait lancé une opération inédite, une "résidence" d'artiste sur son compte Instagram. Premier invité, Jean-Philippe Delhomme continue à poster un dessin tous les lundis. L'artiste, connu pour ses contributions à divers magazines, a publié en 2019 un album où il imagine les comptes Instagram d'artistes tels Paul Gauguin, Edouard Manet ou Pablo Picasso (Artists'Instagram, August Editions). Pour le musée d'Orsay, il pastiche des œuvres des collections, dont les figures sont désormais au confinement, comme La Liseuse de Fantin-Latour.

Une oeuvre un regard

Dans une vidéo publiée fin janvier, l'actrice Ariane Ascaride raconte ce qu'elle voit en regardant Les Raboteurs de parquet de Gustave Caillebotte : l'entrée du monde du travail dans un bel appartement haussmannien, la sensualité des torses nus des hommes au labeur, l'humanité qu'il y a dans le tableau, elle y voit Zola aussi.

Le musée d'Orsay poursuit sa série Une oeuvre un regard de petits films disponibles sur sa chaîne YouTube, initiée au printemps 2019. Des personnalités du monde artistique y commentent une oeuvre qu'ils ont choisie : dans une vidéo du 31 mars Mohamed Bourouissa parle du portrait par Renoir de Julie Manet, fille de la peintre Berthe Morisot et d'Eugène Manet (frère d'Edouard), de la contradiction qu'il y voit entre "une scène très classique" et "une recherche très révolutionnaire pour l'époque qui était l'impressionnisme".

Sur la chaîne YouTube du musée, on trouve aussi des vidéos de 5 à 6 minutes qui expliquent les différents courants artistiques (Orsay en mouvements) des années auxquelles s'intéressent le musée, de l'impressionnisme à l'orientalisme en passant par l'école de Pont-Aven et le symbolisme.

En attendant Tissot

Une rétrospective du peintre James Tissot (1836-1902) était prévue au musée d'Orsay du 24 mars au 19 juillet. Pour nous faire patienter, un documentaire de Pascale Bouhénic sur l'artiste, coproduit avec le musée d'Orsay et le musée de l'Orangerie, est disponible en replay sur le site d'Arte jusqu'au 3 juin.

Il nous raconte ce peintre dandy né à Nantes dans une famille de commerçants. Son père vend des tissus et sa mère des chapeaux, ce qui explique sa passion pour les étoffes et les toilettes élégantes. Après avoir peint l'aristocratie et la bourgeoisie à Paris, il s'installe après la Commune à Londres où il fait le portrait de la haute société victorienne (et aussi les marins). Il y vit avec une femme divorcée qui meurt de la tuberculose. Il rentre alors à Paris où il se consacrera à la peinture religieuse.

Pour les enfants, le musée d'Orsay propose des "promenades imaginaires" autour d'oeuvres de ses collections. Et enfin, une visite virtuelle du musée d'Orsay est en ligne sur Google Arts.

Le musée d\'Orsay (19 novembre 2019)
Le musée d'Orsay (19 novembre 2019) (GARDEL BERTRAND / HEMIS.FR / AFP)

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