Barbara Hannigan sombre et lumineuse à l’opéra Garnier

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De l'amour et du tragique au programme de l'opéra de Paris : "Le château de barbe-bleue" de Béla Bartok et "La voix humaine" de Francis Poulenc sont présentés dans le même programme. La mise en scène de Krzysztof Warlikowski réunit ces deux œuvres où, dans la seconde, Barbara Hannigan envoute le public.

Le metteur en scène polonais a réussi son pari. Ces deux opéras courts, en un seul acte, composés en 1918 et 1959, ne font qu’un. Ils s’enchaînent comme s’ils avaient été conçus ensemble. Chez Barbe-Bleue , démasqué par sa quatrième épouse, c'est l'amour qui se déploie jusqu'au tragique. Dans La voix humaine c'est l'amour qui s'en va : une femme, seule au téléphone, parle à l'homme qui l'a quittée.

 

L'interprétation de Barbara Hannigan est stupéfiante. La soprane canadienne qui joue autant de son corps que de sa voix se tord de douleur, incarne avec une vérité sidérante le chagrin d'amour. A 44 ans, elle prend toujours le même plaisir à faire vivre des œuvres contemporaines, "pour moi, c’est comme si chaque fois j’assistais à une création" . Et des créations, cette musicienne au parcours atypique en a accompagné plus de 80.

 

Là où la musique actuelle semble complexe, ses interprétations éclairent les intentions du compositeur. Barbara Hannigan qui est aussi chef d'orchestre, n’hésite pas à chanter et diriger en même temps. Elle avait déjà travaillé avec Krystof Warlikowsly, dans Lulu de Berg. Barbara Hannigan était sur des pointes, sexy, irrésistible. La voici fragile sur d'interminables talons aiguilles, aussi subtile dans son chant que dans son jeu.

 

 

Thierry Fiorile : "L'interprétation de Barbara Hannigan est stupéfiante"
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