Nous avons visité la Fiac avec des conseillers en acquisition d'art contemporain

Comme chaque année, la Foire internationale d\'art contemporain se tient au Grand Palais, à Paris (édition 2018). 
Comme chaque année, la Foire internationale d'art contemporain se tient au Grand Palais, à Paris (édition 2018).  (THOMAS SAMSON / AFP)

La Foire internationale d’art contemporain de Paris se tient au Grand Palais jusqu'au dimanche 20 octobre. Nous l’avons visitée avec deux conseillers en acquisition d'oeuvres d'art venus guider un couple de collectionneurs.

Sous la verrière du Grand Palais, Pierre et Anne, un couple de quadragénaires, se fraient un chemin dans le dédale de stands. Venus pour renouveler leur petite collection d'art contemporain, ils n’ont pas d'idée claire de ce qu’ils recherchent. Philippe Lamy et Clément Jodeau, conseillers en art chez Barter, ou "art advisors", sont présents pour les guider.

Les deux hommes sont des habitués de la Foire internationale de Paris, un des plus grands rendez-vous du marché de l’art contemporain de la capitale. Ils arpentent ces allées accompagnés de clients depuis l’ouverture au public le 17 octobre, avec quelques acquisitions à la clé. Moyennant une commission de 10%, les conseillers établissent un parcours personnalisé. "On discute avec les clients en amont pour savoir ce qu'ils aiment, ainsi que leur budget et ensuite on les accompagne pour voir les œuvres", explique Philippe Lamy. Le conseiller négocie ensuite le prix avec la galerie, "il conseillera également sur l'assurance, le stockage de l'oeuvre, l'installation, la fiscalité ou encore la restauration", avance Florence Cocozza, directrice d'une agence de conseil.

Des acheteurs variés

Pour cette Fiac, Philippe Lamy a quelques coups de cœur : Alicja Kwade, une artiste d'origine polonaise, le Suédois Andreas Eriksson "une vraie découverte", ou encore le peintre ghanéen Amoako Boafo. Il évoque quelques artistes "montants" selon lui, comme le plasticien Benoît Maire ou le peintre allemand Thilo Heinzmann, dont "la cote est ascendante depuis quelques années".

Pierre et Anne devant deux oeuvres de l\'artiste ghanéen Amoako Boafo. 
Pierre et Anne devant deux oeuvres de l'artiste ghanéen Amoako Boafo.  (Manon Botticelli - Franceinfo Culture)

La cote, c’est ce qui permet d'évaluer la "valeur" financière d'un artiste. Elle varie selon la manière dont l'artiste est mis en avant dans les galeries, sa présence dans les musées ou dans de larges collections. "Quand un grand collectionneur achète une œuvre, ça met un coup de projecteur", explique Philippe Lamy évoquant une acquisition d'un collectionneur connu effectuée pendant la Fiac. 

"Le collectionneur-investisseur ne représente qu'une minorité d'acheteurs", évalue Florence Cocozza. Philippe Lamy n'encourage pas l’investissement en art contemporain : "[ce] n'est pas un science exacte", avance-t-il. Le conseiller se rappelle la superstar anglaise du marché de l'art, Damien Hirst, qui a vu sa cote décroître dans les années 2010. D'autres peuvent percer sans que l'on s'y attende, comme l'artiste new-yorkais Kaws, fort de ses 2,5 millions d'abonnés sur Instagram, qui a décollé en 2008 quand il a rejoint la galerie Perrotin.

"Avoir l'oeil sur tout"

"Le conseiller est présent partout et doit avoir l'oeil sur tout", analyse Florence Cocozza. Pierre et Anne font appel à des conseillers pour s'orienter dans un univers qu'ils jugent "assez fermé". "On arrive sans la culture correspondante", explique Pierre. Le parcours du couple commence devant une toile sertie d’aiguilles de montres d'Alicja Kwade, Rain (1hour/ 1 meter), qui ne fera pas consensus. "C’est rare de trouver une œuvre qui nous plaît à tous les deux", explique Anne qui attend le "coup de cœur".    

C’est finalement un tableau de Benoît Maire, d'une valeur de 18.000 euros, qui fera l’unanimité au sein du duo. Mais l'oeuvre a été réservée par le galeriste pour un autre client. Si le premier acheteur se rétracte, la toile sera pour Pierre et Anne. Un accord a pu être trouvé cette fois, mais certains couples de clients aux goûts très différents ne parviennent pas à s’accorder, raconte Clément Jodeau, "ils se partagent les murs de l'appartement". 

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