Exposition : la préhistoire, plus moderne que jamais

L\'exposition \"Préhistoire une énigme moderne\", jusqu\'au 16 septembre 2019 au Centre Pompidou à Paris.
L'exposition "Préhistoire une énigme moderne", jusqu'au 16 septembre 2019 au Centre Pompidou à Paris. (PHILIPPE MIGEAT / CENTRE POMPIDOU)

La préhistoire s'invite au Centre Pompidou, temple de l'art moderne et contemporain. L'établissement accueille l'exposition "Préhistoire : une énigme moderne" jusqu'au 16 septembre et interroge la relation entre cette période mystérieuse et la modernité.

C'est dans une obscurité profonde, rappelant celle des cavernes, que s'ouvre l'exposition. De ce noir surgit le crâne de l'homme de Cro-Magnon, découvert en 1868 en Dordogne. Le crâne est confronté à l'aquarelle de Paul Klee (1879-1940) intitulée Le Temps et représentant une horloge. Des rapprochements de ce type, il y en a tout au long du parcours. 

Le parcours de l'exposition crée des parallèles entres des œuvres préhistoriques et des œuvres modernes. Le jeu consiste à distinguer les unes des autres.Cécile Debray, l'une des commissaires de l'expositionfranceinfo

L'exposition entremêle préhistoire et contemporain, et montre par là tous les liens puissants qui unissent ces deux périodes. Parmi les pièces préhistoriques majeures, La Vénus de Lespugue datant du Gravettien (environ 23 000 ans avant Jésus-Christ) et dont Picasso possédait un moulage. Il s'en est beaucoup inspiré dans les années 1930, comme le montre ce Femme nue couchée, tableau peint en 1936. Entre les deux œuvres, beaucoup de points communs : "visage quasiment inexistant", "corps fuselé", Picasso a clairement repris "les codes du paléolithique", explique Cécile Debray, l'une des commissaires de l'exposition.

À gauche, la \"Vénus de Lespugue\" (23 000 av. J.-C.), à droite \"Femme nue couchée\" de Picasso (1936)
À gauche, la "Vénus de Lespugue" (23 000 av. J.-C.), à droite "Femme nue couchée" de Picasso (1936) (Centre Pompidou)

La préhistoire, une fascination profonde

40 ans plus tôt, vers 1895, Paul Cézanne s'intéressait aux strates géologiques de la montagne Sainte-Victoire. La fascination des artistes pour la préhistoire est très profonde, explique Rémy Labrusse, autre commissaire de l'exposition : "Ce qui fascine, c'est l'idée d'un temps vertigineux qu'on ne peut pas mesurer et qu'on regarde comme si c'était un puits noir, dans lequel on tombe sans fin."

Cette fascination pour la préhistoire perdure chez les artistes contemporains mais elle a aussi gagné le grand public grâce au cinéma et aux reconstitutions de grottes ornées. À l'heure de la crise climatique et de la disparition annoncée des espèces, la préhistoire est plus que jamais un thème d'actualité.

Reportage franceinfo d'Anne Chepeau
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