Art Basel ouvre sur de grosses ventes, malgré un climat mitigé sur le marché de l'art

\"Bataille\", une oeuvre participative de l\'artiste brésilienne Rivane Neuenschwander, exposée à Art Basel (Bâle), le 12 juin 2019
"Bataille", une oeuvre participative de l'artiste brésilienne Rivane Neuenschwander, exposée à Art Basel (Bâle), le 12 juin 2019 (FABRICE COFFRINI / AFP)

Art Basel, la foire internationale d'art de Bâle (Suisse) commence avec quelques ventes spectaculaires qui ne reflètent pas forcément l'état général du marché.

Art Basel, la grande foire internationale de l'art où se bousculent chaque année les riches collectionneurs, ouvre jeudi ses portes au public à Bâle, en Suisse, dans un climat incertain bien qu'elle démarre sur des ventes spectaculaires.

Pour cette cinquantième édition, les organisateurs font la part belle aux artistes engagés dans la partie de la foire réservée aux oeuvres monumentales destinées à être achetées par des musées ou de très grandes collections privées.

Dans le sillage du mouvement #MeToo, l'artiste espagnole Alicia Framis présente une série de robes en tissus pour airbags d'automobile, qui se gonflent et se dégonflent pour protéger les femmes dans leur environnement de travail.

\"Tin Man of the Twenty First Century\", une oeuvre de l\'artiste cubano-américaine Coco Fusco, à Art Basel, la foire internationale d\'art de Bâle (Suisse), le 12 juin 2019
"Tin Man of the Twenty First Century", une oeuvre de l'artiste cubano-américaine Coco Fusco, à Art Basel, la foire internationale d'art de Bâle (Suisse), le 12 juin 2019 (FABRICE COFFRINI / AFP)

Des œuvres liées à la situation géopolitique

Un tableau participatif de l'artiste brésilienne Rivane Neuenschwander propose aux visiteurs d'épingler sur une grande toile des mots - en français - glanés sur des banderoles, pancartes et slogans d'insurrection.

Dès l'entrée de la halle, les visiteurs sont accueillis par une gigantesque statue de l'artiste cubano-américaine Coco Fusco, intitulée "l'homme de fer-blanc du vingt et unième siècle", représentant ce célèbre personnage du Magicien d'Oz, une des référence de la littérature américaine pour enfants, sous les traits du président américain Donald Trump.

"Nous avons une foire qui regorge œuvres excellentes, dont beaucoup répondent ou sont liées à la situation géopolitique très complexe dans laquelle nous nous trouvons", a déclaré Marc Spiegler, le directeur d'Art Basel, lors d'un entretien avec l'AFP.

Avant tout un événement marchand

A la différence de la Biennale de Venise, où une partie des collectionneurs ont l'habitude de se rendre après cette escale à Bâle, Art Basel est avant tout un événement marchand. Dans l'espace réservé aux galeries, qui accueille les riches collectionneurs en avant-première deux jours avant l'ouverture au public, les plus belles pièces trouvent preneurs en quelques heures.

"Nous avons vendu près de 70% du stand en deux ou trois heures", s'est félicité Marc Glimcher, le président et directeur de la prestigieuse galerie Pace, expliquant qu'une pièce rare de l'artiste sud-coréen Lee Ufan a trouvé son nouveau propriétaire pour 2 millions de dollars "dans les dix premières minutes". De nombreuses galeries ont fait part d'un bon démarrage à l'issue de la première journée dédiée aux collectionneurs.

Mardi soir, un collage de l'artiste américain Mark Bradford amené par la galerie londonienne White Cube avait trouvé preneur à 7,75 millions de dollars. La galerie Levi Gorvy avait, elle, vendu une pièce de l'américain Christopher Wool pour 6 millions de dollars. L'oeuvre la plus chère de la journée est une pièce du peintre allemand Gerhard Richter, vendue pour 20 millions de dollars par la galerie David Zwirner, selon les chiffres communiqués aux organisateurs.

Les petites et moyennes galeries pessimistes

Ces gros chiffres tant dans les foires que dans les salles d'enchères masquent cependant une réalité plus mitigée, a tempéré le professeur Clare McAndrew, auteur d'un rapport sur le marché de l'art réalisé en partenariat avec la banque et les organisateurs de la foire. "Le haut du marché est vraiment au mieux", a-t-elle expliqué, alors que "les segments intermédiaires et plus bas ne tiennent pas aussi bien."

Après deux années de croissance, les galeries sont plus prudentes quant à l'évolution du marché. Dans son rapport publié, en mars, seules 30% des galeries disaient s'attendre à une hausse de leurs ventes en 2019, contre 58% en 2017, les petites et moyennes galeries étant particulièrement pessimistes.

Pour cette édition, la foire de Bâle a d'ailleurs revu ses tarifs pour permettre à de jeunes galeries de participer à l'événement, à l'instar notamment de la parisienne Crèvecoeur. "C'est une étape importante pour élargir notre public", a reconnu Elise Fouché, une des représentantes de cette petite galerie qui emploie cinq personnes. Dès la première après-midi, la galerie avait déjà pratiquement écoulé les douze tableaux d'Ad Minoliti, une jeune artiste argentine, apportés à Art Basel.


290 galeries représentant quelque 4 000 artistes participent à la foire qui se tient à Bâle jusqu'au 16 juin.

Vous êtes à nouveau en ligne