Bac 2016 : des correcteurs incités à signaler les dérapages racistes, antisémites et pro-jihad

Des lycéens passent une épreuve du baccalauréat le 15 juin 2016 au lycée Fustel-de-Coulanges à Strasbourg.
Des lycéens passent une épreuve du baccalauréat le 15 juin 2016 au lycée Fustel-de-Coulanges à Strasbourg. (FREDERICK FLORIN / AFP)

Le ministère de l'Education assure n'avoir donné aucune consigne demandant de signaler les propos pro-jihadistes, mais confirme une consigne de signalement pour les propos racistes ou antisémites.

Il s'agirait de cas très rares, mais ils font réagir. Des correcteurs du sujet d'histoire du bac 2016, portant sur le conflit au Proche-Orient, se sont vu demander de relever le numéro d'anonymat de copies contenant des propos antisémites, racistes voire pro-jihadistes. Amélie Hart-Hutasse, coresponsable histoire et géographie au sein du Snes, le principal syndicat d'enseignants du second degré, a confirmé les informations parues sur le site du Monde, mercredi 6 juillet.

La syndicaliste a indiqué que le Snes avait reçu "deux témoignages de professeurs, dans les académies de Créteil et de Rennes, qui ont signalé ce type de consignes", énoncées à l'oral lors de la réunion d'harmonisation de correction du bac, et s'en sont étonnés. "Un des deux collègues s'est demandé en quoi cette consigne allait l'aider dans la correction", a-t-elle souligné, arguant qu'"avec un élève en classe, on peut engager le dialogue et voir si c'est de la provocation ou si le jeune est en danger. Nous sommes alors dans notre rôle de pédagogue au quotidien. Face à une copie, c'est très différent."

Seulement quelques copies "partisanes"

Le ministère de l'Education a pour sa part assuré n'avoir donné aucune consigne demandant le signalement de propos pro-jihadistes. La seule consigne passée au correcteur est qu'en cas de difficulté, comme pour des propos racistes ou antisémites, il doit en référer au coordinateur. Et celui-ci pourra, s'il hésite sur la conduite à tenir, se tourner vers ses supérieurs hiérarchiques.

Franck Schwab, professeur à Nancy et président de l'Association des professeurs d'histoire et géographie en Lorraine, dit avoir repéré quatre ou cinq copies "partisanes", pro-Israël ou pro-Palestine, sur les 63 qu'il a corrigées. "J'ai été agréablement surpris", a-t-il assuré. "Je craignais des défouloirs et ça n'a pas été le cas. (...) J'ai trouvé que, dans l'ensemble, ils s'en étaient bien sortis, car ils ont donné la preuve de ce qu'on attend en histoire : la confrontation des points de vue et l'honnêteté."

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