Arriver "détendu et reposé" et éviter le stress qui perturbe la mémoire : les derniers conseils d'un neurologue avant le baccalauréat

Les épreuves du baccalauréat commencent lundi 17 juin (photo d\'illustration).
Les épreuves du baccalauréat commencent lundi 17 juin (photo d'illustration). (LAURE BOYER / HANS LUCAS)

Ne pas arriver les yeux cernés ou ne pas relire l'intégralité de ses fiches la veille au soir soir : quelques conseils du neurologue Bernard Croisile pour réussir le bac.

Les élèves de terminale passent le baccalauréat à partir de lundi 17 juin, en commençant, comme chaque année, par l'épreuve de philosophie. Comme tous les examens, le baccalauréat est une source de stress pour beaucoup d'élèves. "L'émotion est le plus fort perturbateur de la mémoire. Il faut donc arriver détendu et reposé", a expliqué dimanche 16 juin sur franceinfo Bernard Croisile, neurologue et neuropsychologue.

franceinfo : Dans quelles dispositions faut-il être pour bien aborder ces examens ?

Bernard Croisile : On apprend en étant concentré. L'émotion est le plus fort perturbateur de la mémoire, surtout quand on est jeune et un peu timide, on aura plus de difficultés à mémoriser et à retrouver. Il faut donc arriver détendu et reposé. Ce qui est important, c'est de ne pas arriver avec les yeux cernés le jour de l'épreuve. Réviser très rapidement, relire, d'accord, mais la dernière chose que vous avez lu va s'imposer à votre esprit comme une évidence. Il faut donc faire une relecture très légère, dans le plaisir, pas dans une pression qui fait que vous allez mal dormir, et que vous allez être épuisé le lendemain.

Pourquoi le bachotage est-il une mauvaise idée ?

Le bachotage est un signe d'échec. Cela veut dire que vous n'avez pas appris auparavant. Or, quand vous devez apprendre beaucoup comme on le fait pendant une année scolaire, que vous avez beaucoup de matière à maîtriser, il faut apprendre dès le début. Bachoter, c'est apprendre, le dernier mois, beaucoup d'informations, dans un stress important, et avec peu de sommeil. Cela peut permettre, peut-être, de passer certaines épreuves, mais pas dans de bonnes conditions.

On apprend beaucoup de choses pour le baccalauréat, mais au fil du temps on en oublie certaines. Est-ce inéluctable ?

Oui, c'est inéluctable. Je suis médecin et j'ai oublié 90% de ce que j'ai appris, mais je suis sûr des 10% que je maîtrise totalement. Dans la vie, vous ne pouvez pas, dès le départ, à 15 ans, savoir ce qui vous sera utile. Le but de l'éducation, c'est de vous montrer tout le panel de ce qui existe. Après, la vie se charge de faire un élagage, et de conserver ce qui est utile dans notre quotidien professionnel ou personnel. C'est logique. Il y a une certaine sélectivité qui se fait.

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