Pourquoi les girafes sont-elles à leur tour menacées d'extinction ?

Des girafes dans le parc national Kruger, en Afrique du Sud, le 1er décembre 2016. 
Des girafes dans le parc national Kruger, en Afrique du Sud, le 1er décembre 2016.  (PATRICE CORREIA / BIOSPHOTO / AFP)

On ne compte plus que 100 000 girafes sur Terre. Privée de son habitat ou braconnée, l'espèce vient de rejoindre la liste rouge des espèces menacées.

Une icône de l'Afrique est en danger. La girafe a rejoint, jeudi 8 décembre, la liste rouge des espèces menacées de l'Union internationale pour la conservation de la nature. La population du plus grand animal terrestre a diminué de 40% ces 30 dernières années. Et on ne compte plus, en 2015, que 100 000 spécimens.

Comment expliquer cette "extinction silencieuse" Franceinfo a interrogé Jean-Louis Hartenberger, paléontologue et ancien directeur de recherches au CNRS et à l'Institut des sciences de l'évolution de l'université de Montpellier 2. Il est l'auteur de Grandeurs et décadences de la girafe (éd. Belin).

Franceinfo : La girafe rejoint la liste rouge des espèces menacées. Etes-vous surpris ?

Jean-Louis Hartenberger : Absolument pas. Il y a quelques semaines le Fonds mondial pour la nature (WWF) a publié des données qui font état d'une perte de 58% des vertébrés (mammifères, reptiles, oiseaux, amphibiens et poissons), entre 1970 et 2012. Dans le même temps, nous sommes passés de 3,7 milliards à 6,8 milliards d'humains. C'est une extinction de masse et c'est une triste réalité.

Comment expliquer cette situation critique pour les girafes ?

On les braconne, on mange leur viande. Leurs territoires ne cessent de rétrécir car on reprend leur habitat pour en faire des terres agricoles, sans parler de l'urbanisation. Et enfin, elles sont décimées dans les zones de conflits : en Somalie, au Soudan du Sud, au Kenya, en Ethiopie, etc.

Comment empêcher leur disparition ? 

Contrairement aux éléphants et au rhinocéros, la girafe n'a pas cette image menacée et donc protégée. Face au risque d'extinction, il faut communiquer l'information. J'ai 78 ans. Si on m'avait dit quand j'ai commencé mes études que la planète serait détruite à cette vitesse, j'aurais rigolé... Désormais, je dois avouer que je suis un peu désespéré. Il faut donc savoir et faire savoir que cette espèce est menacée et qu'il faut la protéger. A l'échelle individuelle, c'est tout ce qu'on nous pouvons faire en attendant des politiques volontaristes de préservation.