"Chat-renard" en Corse : "Cet animal existait dans la mythologie de nos bergers"

Un employé de l\'Office national des forêts et de la chasse porte un chat-renard, le 12 juin 2019 à Asco, sur l\'île méditerranéenne française de la Corse.
Un employé de l'Office national des forêts et de la chasse porte un chat-renard, le 12 juin 2019 à Asco, sur l'île méditerranéenne française de la Corse. (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

Pierre Benedetti, responsable de l’étude en Corse pour l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, a expliqué, vendredi sur franceinfo, que le chat-renard découvert en Corse est l'ancêtre du chat domestique.

Poil gris-fauve, queue à anneaux, le "ghatu volpe" - "chat-renard" en corse - a été découvert dans la forêt d'Asco. Il vit dans le centre montagneux de la Corse. Pierre Benedetti, responsable de l'étude en Corse pour l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), a présenté ce qu'il pense être une nouvelle espèce de félin, vendredi sur franceinfo.

franceinfo : À quoi ressemble ce nouveau félin "Ghatu Volpe" ?

Pierre Benedetti : C'est l'ancêtre du chat domestique. Il ressemble à un chat. Il a un phénotype bien particulier et très homogène. Son aspect, sa couleur, la couleur de sa robe, son poids, déterminent le phénotype. On l'a plus révélé que découvert. Cet animal existait dans la mythologie de nos anciens, de nos bergers qui le considéraient comme une bête pauvre, car ils considéraient qu'il occasionnait à certaines périodes des dégâts dans les troupeaux. Il existait dans la bibliographie des préfets du XVIIIe siècle où il apparaît comme une bête fauve. Depuis, à part des témoignages extrêmement furtifs, nous n'avions pas de réelle description de l'animal.

Est-ce une espèce que l'on croyait disparue et qui ne l'était pas ?

Oui et non, parce que c'est une espèce qui existait dans la mythologie, mais qui n'avait été décrite que de façon très sommaire. On ne savait pas si elle existait encore. C'est la capture inopinée d'un chat il y a dix ans qui avait fait pas mal de dégâts dans un poulailler. Un chat vivant qu'on nous a emmené et à partir de là, l'Office national de la chasse et de la faune sauvage nous a donné l'autorisation de lancer un programme de recherche.

Comment avez-vous travaillé ?

On est partis de cette mythologie et on est rentrés dans la réalité d'un programme de recherche scientifique en appliquant toutes les méthodes que nous connaissions. On a réussi petit à petit ces dix dernières années à déterminer que l'animal existait encore. Nous l'avons enfin photographié avec les pièges infrarouges nocturnes et finalement au bout de quelques années nous l'avons capturé également.

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