"L214 n'en a rien à foutre du bien-être animal" : pour un responsable de la FNSEA, l'association "prend toujours un cas isolé"

Un site d\'élevage industriel de poules pondeuses dans les Côtes d\'Armor, en mai 2018.
Un site d'élevage industriel de poules pondeuses dans les Côtes d'Armor, en mai 2018. (ASSOCIATION L214)

Etienne Gangneron, responsable du bien-être animal à la FNSEA et éleveur en bio dans le Cher, a toutefois reconnu qu'"il y a des mauvaises pratiques qui sont identifiées dans certaines vidéos et qui ne sont pas tolérables aujourd'hui".

Après la diffusion d'une vidéo de L214 et de l'actrice Sophie Marceau dénonçant les conditions de vie des poules pondeuses d'un élevage des Côtes-d'Armor, le responsable du bien-être animal à la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) et éleveur en bio dans le Cher, Etienne Gangneron, réagit lundi 21 mai sur franceinfo. S'il reconnaît qu'"il y a des mauvaises pratiques qui sont identifiées dans certaines vidéos et qui ne sont pas tolérables aujourd'hui", il dénonce aussi les méthodes de l'association qui, selon lui, "n'en a rien à foutre du bien-être animal".

Ils sortent les vidéos plusieurs mois après, parce qu'il y a le débat sur les États généraux de l'alimentation.Etienne Gangneronà franceinfo

"Avec ces vidéos, on prend toujours un cas isolé, toujours avec des mauvaises pratiques", regrette Etienne Gangneron. Selon lui, l'objectif de L214 est de "faire croire que c'est l'ensemble des éleveurs qui travaille de cette manière". Le responsable de la FNSEA pense que l'association agit selon "un calendrier médiatique", car "ces vidéos, ils les ont en stock depuis un moment, si vraiment ils voulaient protéger les animaux, ils les auraient sorties au moment où ils les ont filmées pour que ça s'arrête", argue-t-il.

Sébastien Arsac répond, lundi sur franceinfo, que les vidéos "ont été tournées en mars et en avril. Trois vidéos successives, donc elles n'ont pas été gardées en stock, elles sont toute fraîches". Le cofondateur et porte-parole de L214 explique que "ce sont des images qui rappellent la réalité, à un moment donné, aux députés parce qu'il va y avoir une opportunité ou un moment important pour interdire ce types d'élevages". Toutefois, le militant reconnaît que les images sont parfois gardées pour être diffusées à des moments précis, "parce qu'il y a une opportunité, un vote, je trouve que c'est tout à fait naturel".

L'objectif de L214 "est très ambigu", estime Etienne Gangneron. "D'un côté leur position de fond c'est l'abolitionnisme, donc arrêter tout élevage, mais ils savent très bien que c'est quelque chose dont les Français n'ont pas envie", affirme le membre de la FNSEA. Sébastien Arsac, de L214, "ne fait pas confiance aux acteurs, ils les provoquent, les traite de criminels. Ces méthodes ne sont pas acceptables. Nous, il faut que l'on travaille sur la confiance", se désole Etienne Gangneron.

"Lobbying des associations"

Plus largement, Etienne Gangneron dénonce "le lobbying des associations de protection des animaux qui font une pression monstrueuse sur les distributeurs et opérateurs de la filière pour qu'ils arrêtent de diffuser les œufs". Selon le responsable du bien-être animal à la FNSEA, "on ne travaille pas dans un climat de confiance. On travaille dans un climat délétère où on traite les éleveurs de criminels. Ce n'est pas comme ça qu'on avance".

Une majorité de Français rejette ces méthodes d'élevage, ce que comprend Etienne Gangneron. Pour lui, "il y a des conditions et des pratiques qui ne sont pas bonnes et qu'il faut améliorer". Mais l'éleveur pointe le coût pour ceux qui sont prêts à changer leurs méthodes de travail pour prendre en compte le bien-être animal : "Combien de consommateurs sont prêts à payer un peu plus cher ?". Pour lui, "il faut à un moment donné regarder les vrais problèmes en face. Il y a un vrai problème de revenu pour les éleveurs. Ils ne peuvent pas se permettre d'abandonner leur système actuel. Pour cela, il faut qu'ils aient un revenu en face et qu'on inscrive ça dans un calendrier cohérent dans le temps".

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