Abandon d'animal pendant les vacances : "Lâché dans la nature, il va vers une mort certaine", dénonce la SPA

Le refuge de la SPA à Velaine-en-Haye en Meurthe-et-Moselle. 
Le refuge de la SPA à Velaine-en-Haye en Meurthe-et-Moselle.  (ISABELLE BAUDRILLER / FRANCE-BLEU SUD LORRAINE)

Jacques-Charles Fombonne, président de la Société protectrice des animaux, a réagi sur franceinfo alors que près de 8 000 animaux ont été abandonnés depuis le début de l'été.

"Un animal domestique abandonné, lâché dans la nature, va vers une mort certaine", a mis en garde sur franceinfo jeudi 8 août Jacques-Charles Fombonne, président de la SPA, la Société protectrice des animaux. Depuis le début de l'été plus de 8 000 animaux ont été abandonnés. Pour lutter contre cette pratique illégale, il a réclamé de la part de l'État et des communes "un peu plus d’aides financières, une aide règlementaire et que la stérilisation soit obligatoire pour les communes".

franceinfo : Quelle est votre réaction face à ce chiffre d'animaux abandonnés depuis le début de l'été ?

Jacques-Charles Fombonne : Il y a un petit espoir dans cette catastrophe : nous avons connu dans les six premiers mois de l’année une très forte augmentation, avec 15% d’abandon des chiens et des chats, or le chiffre de juillet est stable. Il est très important, près de 8 500 animaux ce matin, mais il est stable par rapport à 2018. J’ai l’espoir quand même que nos campagnes d’information finissent par porter leurs fruits, lentement mais peut-être sûrement.

Nous luttons contre l’achat compulsif, l’achat en magasin. On vous propose des chiots et des chatons et personne ne résiste à un chiot ou un chaton, sauf qu'au moment où on part en vacances, on se rend compte que ses conditions de réservation de vacances ne permettent pas d’emporter d’animal et à ce moment-là, c’est l’abandon pratiquement systématique. Personne n’accepte égoïstement de se priver de ses vacances pour conserver son animal.

Est-il préférable de venir prendre des animaux en refuge, déjà abandonnés, plutôt que d'aller dans les animaleries ?

Oui absolument, à la Société protectrice des animaux, on va vous présenter un chien, un chat, ça va durer 1 heure, 1h30. On va vous présenter un questionnaire, on va vous conseiller. Nous avons un taux de retour extrêmement faible, moins de 3%. Cela veut dire qu’on ne se trompe finalement pas beaucoup et que les animaux qu’on conseille aux familles sont ceux qui vont leur convenir le mieux.

Est-ce qu’il y aussi une campagne à mener autour de la stérilisation des animaux pour éviter la reproduction ?

Oui, il y a un vrai sujet. Les fourrières euthanasient chaque année plus de 100 000 chats et chatons, parce qu’ils sont extrêmement prolifiques. Il y a une incitation à la stérilisation pour les communes, il faudrait la rendre davantage obligatoire. Un couple de chats en liberté peut produire jusqu’à 20 000 descendants en quatre ans : c’est un chiffre tout à fait considérable et c’est la base du problème.

Il se pose aussi pour les chats domestiques. Lorsque vous avez une chatte qui fait une dizaine de chatons, vous arrivez à en placer un, deux ou trois chez des amis ou chez des parents. Ensuite, que faire de ceux qui restent ? Ils sont quasiment condamnés à l’abandon. Un animal domestique abandonné, lâché dans la nature, va vers une mort certaine. Si les gens sont dans l’obligation d’abandonner leurs animaux, qu’au moins ils nous les apportent, qu’au moins ils les amènent dans les refuges. Je demande à nos chargés d’accueil de ne pas faire la morale aux gens qui viennent abandonner. Pour la Société protectrice des animaux, la chose la plus importante c’est de recueillir les animaux, de les sauver et de leur trouver une nouvelle famille.

Le prix de la stérilisation est-il un frein pour les propriétaires d'animaux ?

Nous avons fait un sondage au mois de mai sur un échantillon de population, c'est le critère qui revient en premier. C’est une centaine d’euros, c’est un budget. C’est une opération que nous faisons systématiquement à nos chiens et nos chats avant de les remettre à l’adoption. C’est donc un souci de moins pour les adoptants. Nous [finançons les stérilisations] pour les gens qui n’ont pas de revenus suffisants. Nous faisons des actes vétérinaires pour les gens qui n’ont pas les moyens de soigner leurs animaux, beaucoup de stérilisations. En cinq ou six ans, nous avons fait plus d’un million d’actes vétérinaires mais c’est un effort qu’il faut généraliser.

Nous ne pouvons pas faire ça tout seul sur nos deniers. Il faut que la règlementation soit modifiée, il faut que l’État, les communes nous aident davantage. Un peu plus d’aides financières, une aide règlementaire et que la stérilisation soit obligatoire pour les communes. Les sociétés protectrices d’animaux ne peuvent pas agir sur les stérilisations sans avoir l’autorisation des communes. C’est un petit problème administratif qu’il faut régler.

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