Rapprocher les univers du sport et de la culture, un projet ambitieux pour les JO 2024.
Rapprocher les univers du sport et de la culture, un projet ambitieux pour les JO 2024. (MAXPPP)

JO 2024 : six raisons de se réjouir de la désignation de Paris

Paris accueillera bien les Jeux olympiques et paralympiques en 2024. La capitale française a officiellement été désignée ville-hôte, mercredi 13 septembre, par le Comité international olympique, après que sa seule concurrente, Los Angeles, lui a laissé le champ libreArgent, transports, géopolitique... A en croire les défenseurs de la compétition, les bénéfices des Jeux pour la ville organisatrice sont nombreux. Et si vous n'êtes pas convaincu, voici leurs arguments. De quoi peut-être vous faire changer d'avis.

En revanche, si vous êtes toujours persuadé du contraire après avoir lu cet article, rendez-vous ici pour conforter votre jugement.

1Les JO, ça peut rapporter de l'argent

Entre 5,3 milliards et 10,7 milliards d'euros de retombées économiques. Les estimations du Centre de droit et d'économie du sport (CDES) de Limoges (Haute-Vienne), mandaté par le comité de candidature de Paris 2024, ont de quoi faire rêver. Le scénario médian du CDES prévoit un impact économique de 8,1 milliards d'euros. De quoi étayer l'argument économique du "retour sur investissement".

Mais qui empochera ce pactole ? Selon le CDES de Limoges, outre le secteur de la construction qui devrait gagner 1 à 1,8 milliard d'euros, celui du tourisme devrait profiter de la tenue des Jeux, à hauteur de 1,4 milliard à 3,5 milliards d'euros. 

En effet, 500 000 visiteurs étrangers sont attendus durant les olympiades, soit autant de consommateurs potentiels. Quant à la quinzaine d'entreprises partenaires de Paris 2024 qui contribueraient à l'organisation des JO, elles gagneraient de 2,9 milliards à 5,4 milliards d'euros, selon les estimations du CDES, qui ajoute qu'entre 119 000 et 247 000 emplois pérennes pourraient être créés en Ile-de-France. 

Autres gagnants des JO : les propriétaires d'appartements en Ile-de-France, qui y verront une bonne occasion d'arrondir leurs fins de mois. Lors des JO de 2012 à Londres, certains loyers ont été multipliés par cinq dans le quartier de Stratford, à proximité du village olympique. Pendant ceux de 2016 à Rio, la flambée des prix avait été tout aussi spectaculaire : 185 euros (205 dollars) en moyenne, pour une nuit à Rio, selon Bloomberg. Le comité d'organisation des Jeux avait signé un contrat avec Airbnb pour s'assurer que tous les touristes aient un toit. Sur la plateforme d'hébergement entre particuliers, Rio était devenue la destination la plus chère, devant Miami, San Francisco et Paris

2Et ça ne coûte pas si cher que ça (si on fait attention)

Si l'on en croit les défenseurs du projet, l'addition ne devrait pas être trop salée pour le contribuable. "Le concept du projet Paris 2024 est fondé sur un financement maîtrisé", assure Tony Estanguet, coprésident de Paris 2024, ancien triple champion du monde et ancien triple champion olympique, en canoë monoplace.

Alors que Londres avait explosé son budget prévisionnel (4,5 milliards d'euros) et investi près de 15 milliards d’euros pour la tenue des JO en 2012, le comité de candidature de Paris 2024 prévoit un budget de 6,2 milliards d’euros, dont 3,2 milliards d'euros pour l'organisation (fonctionnement des sites, transport et repas des athlètes...), qui seront financés par la billetterie, les opérations marketing et une contribution directe du CIO.

Point fort du dossier de candidature de Paris pour 2024 : 93% des sites qui seraient utilisés pour des compétitions sont "déjà existants ou temporaires", selon le rapport de la commission d'évaluation du CIO, publié mercredi 5 juillet 2017. Pas besoin, donc, d'investir des sommes faramineuses dans la construction de nombreuses infrastructures. Et même si un centre aquatique doit voir le jour à Saint-Denis, financé par 100 millions d'euros publics, "il répond aux besoins d’infrastructures en Seine-Saint-Denis, où un enfant sur deux entrant au collège ne sait pas nager", estime Tony Estanguet.

3Ça va dynamiser la région parisienne

L'impact social et environnemental de l'organisation des Jeux sera positif. C'est, du moins, le défi que s'est lancé le comité de Paris 2024. "Les Jeux sont un magnifique accélérateur de projets", assure la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo. 

"Paris 2024 vise une réduction de 55% de l’empreinte carbone par rapport aux Jeux olympiques et paralympiques de Londres en 2012", indique le WWF, partenaire du comité Paris 2024, sur son site internetLe futur "Village des médias" du Bourget, qui devrait accueillir 4 000 journalistes pendant les épreuves, doit laisser place à 1 500 logements à l'issue des Jeux. Le Village olympique et paralympique, qui sera construit sur les communes de Saint-Denis, Saint-Ouen et l'Ile-Saint-Denis, deviendra, quant à lui, un éco-quartier de 3 500 logements après les JO. 

Une vue d\'artiste de la future gare Pont de Bondy, (ligne 15 Est) par BIG et Silvio d\'Ascia (visuel du concours).
Une vue d'artiste de la future gare Pont de Bondy, (ligne 15 Est) par BIG et Silvio d'Ascia (visuel du concours). (DOMINIQUE PERRAULT ARCHITECTURE / SOCIETE DU GRAND PARIS)

Autre bénéfice : le coup d'accélérateur que donneraient les Jeux au Grand Paris, notamment pour le "Grand Paris Express" (200 km de métro, 68 nouvelles gares). "La réalisation de certains segments du Grand Paris Express pourrait s’en trouver avancée, avec notamment l’aéroport d’Orly relié à Paris dès 2023, au lieu de 2024", relève le cabinet JLL.

Si la candidature de Paris devait échouer, "c’est la Seine-Saint Denis qui en pâtirait le plus, prévient donc Valérie Pécresse. Certains équipements et infrastructures risqueraient alors de ne pas voir le jour en 2024", expliquait la présidente (LR) de la région Ile-de-France, interrogée à ce sujet par Paris Match

Sans compter que l'organisation des JO doit accélérer la rénovation de plusieurs infrastructures sportives en Seine-Saint-Denis (gymnases, piste d'athlétisme du complexe de l'Ile-des-Vannes). Des liaisons piétonnes doivent également être créées entre l’Ile-Saint-Denis et le Stade de France. Autant de manières de renforcer l'attractivité du "9-3". L'accessibilité des sites olympiques pour les handicapés doit aussi être améliorée.

4Ça va faire du bien au sport en France

Aux cyniques qui ne voient dans l'organisation des Jeux qu'un "coup de com'" ou un tour de force politique, rappelons qu'organiser les Jeux, c'est d'abord promouvoir le sport. Populaire, olympique et paralympique.

Sous l'œil des caméras du monde entier (plus de 4,8 milliards de télespectateurs pour les JO de Londres en 2012), les sportifs français auraient "l'avantage du terrain" si les JO 2024 étaient organisés à Paris. Une source de motivation supplémentaire pour remplir le tableau des médailles. 

A court terme, "l'effet JO" pourrait aussi encourager les Français à se mettre au sport. C'est du moins ce qu'espèrent les associations sportives locales, qui devraient bénéficier d'un "accompagnement" financier à hauteur de 4 millions d'euros grâce aux Jeux, si l'on en croit le plan "Héritage 2024" du Centre national pour le développement du sport (CNDS). Dix millions d'euros seraient également alloués à la construction d'"équipements sportifs de proximité", selon ce plan. Le CNSD promet en outre d'accompagner des projets de développement des fédérations, à hauteur de 1,5 million d'euros, sur la base d'un appel à projets.

5Ça renforcera le poids de la France sur la scène internationale

Voilà 100 ans que Paris n'a pas accueilli d'olympiades. Après l'échec de ses candidatures en 1992, 2008 et 2012, l'organisation des JO 2024 est un symbole fort. "Le choix des villes-hôtes, des Nations participantes – ou exclues – est le résultat de savants dosages géostratégiques", analyse Pascal Boniface, dans son ouvrage JO politiques : sport et relations internationales (Ed. Eyrolles, 2016).

Les participants vont représenter leur Nation et donc prolonger sur les stades les rivalités géopolitiques. Le sport s’est transformé en un instrument de 'soft power', cette puissance douce qui est devenue la forme nouvelle et subtile du pouvoir.

Pascal Boniface, Directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris)

Dans un contexte de menace terroriste élevée en France et notamment dans la capitale, la tenue des JO à Paris est aussi un symbole de la résilience de la France et de sa capacité à assurer la sécurité sur son sol, comme l'avaient été la COP21 en 2015 et l'Euro de football en 2016. "Il y a du sens, pour une société qui a été frappée parce qu’elle était ouverte et tolérante, à accueillir des Jeux olympiques pour redire à la face du monde 'nous ne cèderons pas sur la liberté, nous ne cèderons pas sur la tolérance, nous ne cèderons pas sur l’ouverture'", a déclaré Anne Hidalgo, lors d'un discours le 23 juin 2015. L’organisation des JO 2024 pourrait d'ailleurs s’inspirer de celle de l'Euro 2016 de football, qui s'était déroulé sans incident. Environ 4 millions de personnes s'étaient réunies dans dix "fan zones" réparties à travers la France.

6Ça sera le moment idéal pour faire la fête (et nager dans la Seine, oui, oui)

On ne va pas se mentir, les JO, c'est aussi une bonne occasion de faire la fête. Rappelez-vous l'ambiance qui avait régné sur la capitale pendant l'Euro 2016 : le chant des supporters dans les "fan zones", les scènes de liesse dans les bars, au soir du quart de finale qui avait opposé les Bleus à l'Islande, et, pour les amateurs du DJ français, le concert de David Guetta, sur le Champ-de-Mars.

Nul doute que les occasions de s'amuser seront nombreuses, maintenant que Paris est assurée d'organiser les Jeux en 2024. Piste d'athlétisme flottante sur la Seine, sports équestres au Louvre et plongeoir au pont Alexandre-III... On a eu droit à un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler la capitale lors de la journée internationale de l'olympisme, le 23 juin. 

Paris a installé sur la Seine, le 23 juin 2017, une piste d\'athlétisme pour célébrer la journée qui marque la création du Comité international olympique par Pierre de Coubertin le 23 juin 1894.
Paris a installé sur la Seine, le 23 juin 2017, une piste d'athlétisme pour célébrer la journée qui marque la création du Comité international olympique par Pierre de Coubertin le 23 juin 1894. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Dans son dossier de candidature, le comité Paris 2024 prévoit "trois mois de fête". Au programme : "des retransmissions des compétitions, des démonstrations sportives, des expériences culinaires, des concerts et des divertissements", sur les sites les plus emblématiques de la capitale (Champ-de-Mars, parc de La Villette, la Défense, Château de Versailles).

Si vous avez toujours rêvé de piquer une tête dans la Seine, votre souhait devrait même être exaucé. La maire de Paris souhaite que le fleuve soit assaini, pour pouvoir accueillir les épreuves de nage libre et le triathlon. Si cet objectif ambitieux est rempli, la baignade sera normalement rendue accessible au grand public après la compétition. 

A noter, pour ceux qui veulent planifier leurs congés en avance : Paris est censée organiser ses Jeux du vendredi 2 au dimanche 18 août 2024. Il fera beau, il fera chaud, vous serez peut-être en vacances... Et vous aurez le sourire, si l'on en croit une étude menée sur l'impact de l'Euro de football en 1996 au Royaume-Uni. Le document assure que le gain de bonheur généré par l'événement avait été équivalent au gain de 165 livres (près de 200 euros) pour toute la population, enfants compris.

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