Une biologiste travaille dans un laboratoire français de l\'Institut de recherche vaccinale de l\'Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales, le 3 février 2014. 
Une biologiste travaille dans un laboratoire français de l'Institut de recherche vaccinale de l'Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales, le 3 février 2014.  (AMELIE-BENOIST / BSIP / AFP)

Marche pour les sciences : les chercheurs français dans la rue pour "préserver ce pilier de la démocratie"

Physiciens, biologistes, mathématiciens, spécialistes du climat... Des centaines, voire des milliers, de scientifiques vont descendre dans la rue, samedi 22 avril, lors de la marche pour les sciences, organisée en réaction à l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis, un président défiant à l'égard des scientifiques. Près de 500 manifestations doivent avoir lieu dans le monde afin de défendre l'importance des sciences. Et si le mouvement a pris sa source de l'autre côté de l'Atlantique, la communauté scientifique française compte bien y participer.

Au total, une vingtaine de rassemblements sont ainsi prévus dans toute la France, de Bordeaux à La Réunion, en passant par Toulouse, Paris ou encore Montpellier. "Et nous avons encore des demandes de création de nouvelles marches dans les villes", assure à franceinfo Olivier Berné, l'un des co-initiateurs du volet français de cette marche mondiale pour les sciences.

"A la base, il y a un sentiment de solidarité vis-à-vis de nos collègues américains. On a été touchés par leur détresse", explique cet astrophysicien au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Toulouse, qui collabore souvent avec des Américains de la Nasa.

Une situation préoccupante en France aussi

L'élection du président américain a ainsi agi comme un "signal d'alarme" côté français. "Quand on touche aux scientifiques dans un pays, a fortiori aux Etats-Unis, on touche à toute la science. Cela peut avoir des conséquences concrètes. Je travaille beaucoup avec les instruments de la Nasa. S'ils disparaissent, cela limitera ce que je peux faire dans mon travail", insiste le chercheur contacté par franceinfo. 

A cette volonté d'afficher un soutien s'est ajouté le contexte politique français, à l'approche de l'élection présidentielle. "Un certain nombre de sujets, notamment des thèmes sur lesquels les scientifiques alarment, comme la transition énergétique, n'ont pas été abordés pendant la campagne électorale", regrette Olivier Berné.

A l'inverse, les discours qui remettent en cause des réalités historiques sont entendus. C'est extrêmement inquiétant.

Olivier Berné

à franceinfo

L'opportunité de passer un message

Objectif pour samedi : "Remettre ces sujets scientifiques sur la table car ils sont fondamentaux." "La science est un des piliers de notre démocratie et nous pensons qu'elle doit être préservée", poursuit l'astrophysicien. Hasard du calendrier, cette marche internationale, organisée à l'occasion de la journée internationale de la Terre, tombe à la veille du premier tour de la présidentielle. Après avoir songé à changer la date, Olivier Berné et les autres organisateurs y voient désormais une opportunité pour passer un message au monde politique. 

D'autant que la dynamique s'avère plutôt positive. "Autour de moi, il y a beaucoup de gens, et pas que des personnes travaillant dans les laboratoires, qui se mobilisent", insiste le chercheur, en vantant la "diversité" des profils. Samedi, des enseignants, des étudiants, des chercheurs, soutenus par les grandes organisations de recherche telles que le CNRS ou l'IRD, s'apprêtent donc à défiler. "Au niveau des disciplines, ça va des mathématiques jusqu'aux sciences humaines ou à l'histoire, se félicite Olivier Berné. C'est assez unique d'avoir réussi à rassembler tous ces acteurs."

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