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Les Chimanes, une ethnie aux artères comme neuves

Une activité physique importante et une alimentation saine, voilà qui semble être une ligne de conduite optimale pour s'assurer des artères au top. C'est en tout cas ce que suggère une étude menée sur 705 Chimanes âgés de 40 à 94 ans.

Cette population ethnique est en effet très peu prédisposée aux maladies cardiovasculaires, avec seuls 3 % des sujets présentant un risque modéré à élevé, d'après les résultats d'un examen par scanner de leurs artères coronaires. "Notre étude montre que le nombre de cas d'athérosclérose coronarienne observé chez les Chimanes est nettement moins élevé que dans toutes les populations étudiées jusqu'à présent", relève le Pr Hillard Kaplan, anthropologue à l'Université américaine de New Mexico et co-auteur de l'étude.

Au-delà de 75 ans, seuls 8 % des Chimanes présenteraient un risque modéré à élevé de maladie cardiovasculaire, soit cinq fois moins qu'un échantillon représentatif de la population nord-américaine provenant de la "Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis", qui regroupe près de 7000 américains âgés de 45 à 84 ans.

Une bonne hygiène de vie

Composée de 6.000 membres, l'ethnie Chimane vit dans l'Amazonie bolivienne au sein de petites communautés composées de vingt à trente familles pratiquant la chasse, la pêche, la cueillette et une agriculture de subsistance. Leur bonne santé artérielle s'expliquerait ainsi principalement par leur mode de vie, comprenant une activité physique importante (16.000 à 17.000 pas par jour), très peu de tabagisme et une alimentation saine, avec peu de graisses et beaucoup de glucides non raffinés, comme le manioc, le riz, le maïs, explique le Pr Gregory Thomas, co-auteur de l'étude.

"Les résultats ne sont pas surprenants dans la mesure où les Chimanes respectent pratiquement toutes les conditions favorisant une bonne santé cardiaque", note pour sa part le Dr Tim Chico, un spécialiste du cœur à l'Université de Sheffield, en Angleterre.

Ce dernier met toutefois en garde contre une "idéalisation" de la vie des Chimanes : deux tiers d'entre eux souffrent en effet de vers intestinaux et de maladies infectieuses, et vivent dans des conditions très difficiles, sans eau courante, ni électricité.