Le niveau d'éducation corrélé au risque de dépression

Selon l’édition 2017 du "Rapport sur l'éducation" de l’OCDE [1], publié ce 12 septembre, l’élévation du niveau d’instruction s’accompagne d’une diminution statistique du risque de dépression. Ces conclusions s'appuient sur une enquête menée en 2014 dans 26 pays européens (étude EHIS 2), ainsi que sur quatre enquêtes nationales pour l’Australie, le Canada, Israël et la Suisse.

En moyenne, dans les pays européens, 8% des personnes âgées de 25 à 64 ans déclaraient "avoir souffert de dépression au cours des douze mois précédant l'entretien". Mais cette prévalence variait significativement selon le niveau de formation, note l’OCDE. Selon les données compilées, en moyenne, le pourcentage de dépressifs est deux fois plus élevé chez les adultes qui ne sont pas diplômés du deuxième cycle de l'enseignement secondaire [2] (12% des personnes interrogées) que chez les diplômés de l'enseignement supérieur (6%).

Des données qui doivent être interprétées avec précaution. Dans le détail, ce rapport varie fortement d’un pays à l’autre. Pour 7 des 30 pays concernés par le rapport de l’OCDE, les données collectées ne permettent pas de conclure à l’existence du phénomène. De même, les différences entre les diplômés du secondaire et ceux du supérieur étaient très variables d'un pays à l'autre, et souvent bien moins marquées qu'entre les non-diplômés et les diplômés.

Des travaux antérieurs ont déjà identifié qu’un niveau de scolarité plus élevé est statistiquement associé à des taux de chômage moindres et des revenus plus élevés, eux-mêmes associés à une prévalence plus faible d'anxiété et de dépression. Mais en prenant en compte le niveau de revenu (ainsi que le facteur du sexe [3] et de l’âge des personnes interrogées), la corrélation entre niveau d’études et dépression reste identifiée pour 14 pays [4]. Les mécanismes en jeu sont donc plus complexes.

Les auteurs notent que, selon un précédent rapport de l’OCDE, l'éducation "contribue au développement d'une série de compétences" qui n'ont pas toutes le même impact sur la dépression. Ainsi, "le renforcement des compétences sociales et affectives, comme l'estime de soi, a plus d'impact que le renforcement [des compétences mathématiques ou littéraires]".

la rédaction d'Allodocteurs.fr, avec AFP


[1] Organisation de Coopération et de Développement Économiques

[2] En France, les personnes qui n'ont pas le baccalauréat.

[3] Les chercheurs notent que le pourcentage de femmes s'estimant dépressives est dans l'ensemble supérieur au pourcentage d'hommes, mais "il diminue plus fortement que celui des hommes sous l'effet de l'élévation du niveau de formation".

[4] Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, France, Hongrie, Italie, Irlande, Islande, Israël, Norvège, Pays-Bas, Portugal, et Slovénie.

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