AVC : les jeux vidéo pas plus efficaces que les jeux classiques pour la rééducation

La rééducation après un AVC a pour but de stimuler les mécanismes neuronaux du cerveau afin de prévenir et de traiter les complications ou séquelles parfois inévitables. La rééducation conventionnelle consiste à faire pratiquer de la kinésithérapie, de l’orthophonie et de l’ergothérapie. Depuis quelques années, la réalité virtuelle est également utilisée dans de nombreux centres de rééducation.

Le Docteur Gustavo Saposnik, de l’hôpital St Michael de Toronto (Canada) a souhaité évaluer l'utilisation de cette réalité virtuelle par rapport aux activités ludiques classiques telles que les jeux de cartes ou le lancer de ballon. Pour réaliser son étude, il a sélectionné dans 14 centres de rééducation post-AVC (11 au Canada, un en Argentine, un au Pérou, et un en Thaïlande), 141 patients âgés de 62 ans en moyenne et atteints d’un déficit moteur des membres supérieurs après un premier AVC ischémique.

En complément de ces techniques de rééducation conventionnelle, les patients ont été séparés en deux groupes : les premiers jouaient sur une console, les autres jouaient aux cartes, à la balle ou au Jenga (jeu consistant à retirer des pièces composant une tour sans la faire tomber en les replaçant à son sommet). Durant 2 semaines, les participants devaient réaliser dix sessions de 60 minutes de jeux.

Grâce à un test de motricité évalué par le Wolf Motor Fonction Test (outil de mesure qui  évalue la capacité motrice du membre supérieur par le biais de tâches fonctionnelles chronométrées), les résultats ont montré que la motricité s’est améliorée de façon identique dans les deux groupes (avec une hausse de 30% en moyenne à l’issue du programme et de 40% après 4 semaines).

Selon le Dr Saposnik, les études précédentes qui avaient montré la supériorité des jeux vidéo, comparaient des patients ayant pratiqué la réalité virtuelle en plus de la rééducation conventionnelle à des patients n’ayant suivi qu’une rééducation conventionnelle. Les auteurs de l’étude concluent que le temps de l’intervention et l’intensité de la rééducation seraient les principaux facteurs de succès de la rééducation post-AVC. De plus, la nature des jeux (qu’ils soient réels ou virtuels) n’aurait pas d’impact sur l’efficacité de la rééducation.