Exposition solaire : sauve qui peau !

Nous n'avons pas tous le même "capital solaire"

Le "capital solaire" désigne couramment la quantité totale de rayons ultra-violets (UV) que chaque individu peut recevoir au long de sa vie sans majorer son risque de développer des altérations cutanées (du coup de soleil aux kératoses), ou un mélanome (voir encadré).

Ce capital varie d’un individu à l’autre, en fonction de ses antécédents en termes de durée et d’intensité d’exposition solaire, mais également en fonction de caractéristiques générales de la peau. Plus notre peau (et nos yeux) sont clairs, plus nos taches de rousseurs sont nombreuses, et moins notre peau peut supporter une exposition prolongée au soleil (on parle d’un "phototype" clair ou foncé).

D’autres indices incitent également à plus de vigilance, tels des grains de beauté larges (> 5mm de diamètre), irréguliers, ou en nombre important sur l’ensemble du corps (plus d’une quarantaine).

Trois réflexes simples à adopter

Réflexe n°1 – Quel que soit votre phototype, il convient d’appliquer un écran solaire d’indice adapté à la teinte de votre peau et à l’ensoleillement, de renouveler toutes les 2 heures, en quantité suffisante : pour un adulte, le volume a appliquer sur l’ensemble du corps et du visage est de l’ordre de 30 millilitres (l’équivalent de deux cuillères à soupe, ou de deux fois le creux de la main).

Réflexe n°2 – Cherchez l’ombre ! Sur les plages de métropole, évitez typiquement de vous exposer entre 12 et 16 heures. Portez des vêtements longs, chapeaux et lunettes solaires.

Attention : les rayons UV passent au travers des nuages… Ce n’est donc pas parce que le ciel est couvert qu’il faut négliger ces précautions. D’après une récente étude néozélandaise [1], le rayonnement UV extérieur sous-estimé ferait de nombreuse victimes sans même que l’exposition n'ait été recherchée, lors d’activités de plein air par exemple.

Réflexe n°3 – Tous ces conseils s’appliquent également aux enfants… Pensez à les protéger !

Peut-on se fier à la crème solaire ?

En stick, lotion, crème ou spray, colorée ou invisible, avec ou sans parfum, et même waterproof, les produits de protection solaire vendus en grande surface, pharmacie ou en parfumerie sont des produits cosmétiques (au sens de la réglementation française et européenne) destinés à lutter contre les effets d’une surexposition aux rayonnements  UVB et UVA.

L’ANSM, dans un rapport d’enquête datant de 2010, jugeait l’efficacité de ces produits "globalement satisfaisante". L’association UFC Que Choisir corrobore ces conclusions en affirmant que les crèmes solaires assurent, dans leur majorité, le niveau de protection indiqué sur l’emballage. Elle rappelle cependant qu’aucun produit ne protège à 100 % des effets nocifs du soleil.

La réglementation a permis de classer les produits de protection solaire en quatre catégories de protection et huit indices, appelés FPS (facteur de protection solaire). Entre 6 et 10, la  protection est dite "faible" ; entre 15 et 25 elle est dite "moyenne", "haute" entre 30 et 50, tandis qu’à 50+, c’est la "très haute protection".

Souvenez-vous que l’indice doit être non seulement adapté à votre type de peau (plus votre phototype est clair plus l’indice de protection devra être élevé), mais également à l’intensité du rayonnement UV auquel vous vous exposez (selon l’horaire ou la latitude à laquelle vous vous trouvez).

Danger n°1 : le cancer de la peau

En France, les statistiques épidémiologiques disponibles de 2015 révèlent 285.000 nouveaux cas de cancers par an, dont deux tiers d’hommes pour un tiers de femmes. Et classent le mélanome en sixième position des cancers en termes d’apparition de nouveaux cas dans le monde en 2015.

Les complications cutanées induites par le soleil sont multiples. Au-delà des dyskératoses et autres taches en relief disgracieuses mais bénignes, on distingue deux grandes classes de cancers : les carcinomes et les mélanomes. Le mélanome est le plus connu car c’est le plus grave des cancers de la peau de par sa forte capacité à métastaser. D’après la HAS, aucune catégorie d’âge n’est épargnée. On gagne donc à le dépister tôt pour une survie optimale.  

Après avoir imputé la responsabilité de l’apparition des cancers de la peau aux UVB, les études scientifiques ont depuis largement incriminé les rayonnements UV dans leur ensemble, et de facto les UVA auxquels s'exposent les utilisateurs des cabines de bronzage.

Sauvez (littéralement) votre peau : protégez-vous !

Surveiller ses grains de beauté toute l'année

Ces conseils "de saison" ne doivent pas éclipser une vigilance nécessaire tout au long de l'année. La Haute Autorité de Santé encourage à la surveillance des grains de beauté à l’aide de 5 critères simples de description : ABCDE. Un grain de beauté :

doit rapidement conduire à une consultation médicale. Au moindre doute n’hésitez pas à demander l’aide de votre médecin généraliste, qui vous adressera à son confrère dermatologue spécialiste en cas de besoin.

Notes et références

[1] G.H.F McLeod et al. Unintended Sunburn: A Potential Target for Sun Protection Messages. J Skin Cancer. 2017;2017:6902942. doi:10.1155/2017/6902942

[2] EFSA Panel on Food Additives and Nutrient Sources added to Food (ANS). Statement on the safety of β-carotene use in heavy smokers: Statement of the safety of β-carotene use in heavy smokers. EFSA J. déc 2012;10(12):2953. doi:10.2903/j.efsa.2012.2953

[3] M.R. Wehner et al. Twitter: an opportunity for public health campaigns. The Lancet. 18 juill 2014;384(9938):131‑2. doi:10.1016/S0140-6736(14)61161-2

[4] M.C. Kirchberger et al. The tanning habits and interest in sunscreen of Google users: what happened in 12 years? Photodermatol Photoimmunol Photomed. 1 mars 2017;33(2):68‑74. doi:10.1111/phpp.12289