Au total, 20 produits ont été retirés du marché, selon le ministère de l\'Agriculture. (Photo d\'illustration)
Au total, 20 produits ont été retirés du marché, selon le ministère de l'Agriculture. (Photo d'illustration) (THOMAS SAMSON / AFP)

Fipronil : l'ONG Foodwatch "pas du tout" rassurée par les premiers retraits

Des gâteaux aux amandes et des gaufres, placés en rayon après le 7 juillet, ont été retirés de la vente, a indiqué le ministère de l'Agriculture, vendredi 18 août, en mettant à jour sa liste de produits contaminés au fipronil. "Le ministère communique au compte-gouttes", accuse Ingrid Kragl, directrice de l'information de l'ONG Foodwatch, samedi sur franceinfo. Cette dernière "exige une totale transparence".

franceinfo : Êtes-vous rassurés par les annonces du ministère de l'Agriculture ?

Ingrid Kragl : Pas du tout ! Cette première liste ne concerne que des produits testés en provenance des Pays-Bas et qui dépassent le seuil autorisé. Mais, le fipronil est absolument interdit dans les aliments. On n'a pas encore d'informations concernant les aliments français et, surtout, les consommateurs sont laissés dans le flou total concernant des contaminations en deçà de ce seuil. Le ministère communique au compte-gouttes, ne donne que 20 produits dont pas mal ont déjà été consommés depuis le mois de juin. De plus, sa liste comporte des blancs avec des produits dont on ne connaît pas leur date de mise sur le marché.

Existe-t-il un problème d'information du consommateur, de transparence ?

Absolument. On dénonce l'opacité dans cette affaire. Le scandale a éclaté il y a 2 semaines en France et plus que cela en Belgique. Il est impensable que les consommateurs français ne soient pas informés alors qu'il ne faut pas 2 semaines pour faire des tests. La grande distribution sait pertinemment qu'elle commercialiste des produits contaminés. Ils avouent qu'ils ont retiré des produits dans leurs rayons, même s'ils étaient peu contaminés, alors que les consommateurs ne sont pas informés. Il y a là un souhait de cacher la vérité. C'est absolument scandaleux.

Qu'est-ce que vous attendez des pouvoirs publics ?

On exige une totale transparence, et non partielle, au gré de ce qui est évalué comme un risque. La Direction générale de l'alimentation nous dit : 'Comme il était interdit, on n'avait aucune raison de rechercher ce produit.' C'est affolant. Cela veut dire que les autorités et les États membres, qui ont obligation de protéger le citoyen, ont été dans l'incapacité de le faire. Et quid d'une autre substance, qui serait beaucoup plus dangereuse, qui entrerait dans la chaîne alimentaire ? Donc là, clairement, c'est un aveu des autorités d'une incapacité à nous protéger. C'est très inquiétant. Il va falloir prendre des mesures politiques. Il faut que les autorités ne se contentent pas de demander aux distributeurs et fabricants de fournir les informations. Il faut qu'ils donnent des preuves que tout est mis en place pour commercialiser des produits absolument inoffensifs, car on a vu qu'ils étaient opaques sur ces questions.

"On dénonce l'opacité dans cette affaire", Ingrid Kragl
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