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Le gouvernement ne ressemble pas tout à fait aux promesses du candidat Macron

Ces derniers mois, Emmanuel Macron a répondu plusieurs fois à la question : à quoi ressemblerait votre gouvernement si vous êtes élu. Voilà par exemple ce qu'il en disait lors d'un passage sur Radio Classique le 17 février dernier

"Ce sera une équipe gouvernementale resserée, d'une douzaine de ministres, paritaire, et qui refletera le renouvellement et le pluralisme d'En marche. Ca veut dire qu'il y aura entre un tiers et la moitié des ministres qui viendront de la société civile, et pour les autres, reflétant ce pluralisme politique qui va de la social-démocratie jusqu’au gaullisme social."

Une douzaine de ministres ? 

Promesse non tenue

Première précision, le candidat Macron avait déjà évolué pendant sa campagne. Un mois après son passage sur Radio Classique, il évoquait plutôt une quinzaine de ministres.

Sauf qu'hier, ce sont 18 ministres qui ont été nommés au gouvernement, sans compter le Premier ministre. L'équipe d'Edouard Philippe compte même 22 membres si on inclut également les quatre secrétaires d'Etat annoncés mardi. 

Au-delà des questions strictement comptables, ce premier gouvernement du quinquennat est effectivement plutôt resseré si l'on compare avec le passé. Avec 18 ministres, il fait partie des plus maigres.. légèrement derrière les équipes de Manuel Valls, François Fillon ou encore Raymond Barre. Si l'on compte également les secrétaires d'Etat, ce gouvernement est le second plus resseré.

Un gouvernement strictement paritaire ?

Sur la parité, Emmanuel Macron précisait ceci lors d'une conférence de presse fin mars : le gouvernement "sera composé pour moitié de femmes, y compris bien sûr à des ministères de premier plan".

Promesse tenue

Le gouvernement d'Edouard Philippe compte neuf ministres hommes et neuf ministres femmes. Il y a également quatre secrétaires d'Etat, deux femmes et deux hommes. Sur le plan strictement comptable, et si l'on met à part le Premier ministre, la promesse de parité est donc tenue. 

Des femmes à des ministères importants ?

Promesse à moitié tenue

Sur les cinq ministères régaliens (Intérieur, Justice, Défense, Affaires étrangères et Economie), on ne compte qu'une seule femme : Sylvie Goulard, nommée "ministre des armées". Par ailleurs, ce gouvernement compte trois ministres d'Etat... trois hommes (Gérard Collomb, Nicolas Hulot et François Bayrou).

Un ministère des Droits des Femmes ?

Fin avril, le candidat Macron prenait un engagement sur son compte Twitter... 

Promesse non tenue

Pas de ministère des Droits des Femmes annoncé hier... mais un secrétariat d'Etat à l'égalité homme-femme, mené par Marlène Schiappa.

Pas d'anciens ministres dans le gouvernement ?

Lors de sa conférence de presse du 28 mars, un journaliste a demandé a Emmanuel Macron si au nom du renouvellement, "la composition du gouvernement exclura des membres d’anciens gouvernements, par exemple sous François Hollande". 

Voici la réponse d'Emmanuel Macron : "Vous avez bien compris que je prônais le renouveau des visages. Donc il s’applique pour l’équipe gouvernementale, de manière très claire."

Promesse non tenue 

De ce point de vue, la promesse de renouvellement n'est pas là. On compte deux anciens ministres de François Hollande dans la nouvelle équipe : Jean-Yves Le Drian qui passe de la Défense aux Affaires étrangères et Annick Girardin, ancienne ministre de la Fonction publique et désormais ministre des Outre-mer.

Par ailleurs, Bruno Le Maire a été ministre de l'Agriculture entre 2009 et 2012 et secrétaire d'Etat aux Affaires européennes entre décembre 2008 et juin 2009. Quant à François Bayrou, il a été ministre de l'Education entre mars 1993 et 1997. 

Entre un tiers et la moitié de ministres issus de la société civile ?

Promesse tenue 

Sur les 18 ministres annoncés hier, sept ne sont pas des professionnels de la politique. L'objectif est donc bien rempli. 

En même temps, ces personnalités n'ont pas toutes le même profil. Il y a ceux qui n'ont jamais eu de mandat ou n'ont jamais connu l'action publique comme l'ancienne épéiste Laura Flessel.

Par contre, il y aussi des profils comme la ministre du Travail. Muriel Pénicaud qui a déjà été membre du cabinet et conseillère de Martine Aubry dans ce ministère au début des années 90.