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Le brief éco. Cyberattaque : et si les bourses étaient visées ?

La cyberattaque menée dans le monde fait planer l'ombre d'un "cyberchaos"  lundi 15 mai avec la reprise de l'activité des entreprises et des bureaux. Qu’en est-il des marchés financiers ? Les opérateurs sont confiants mais la tension est palpable

Les marchés sont fermés le week-end, ce qui a permis de bien verrouiller les pare-feux. Pas de problème, donc, lundi matin à l’ouverture de la bourse. Mais l’hyper-électronisation des places boursières pose de sérieuses questions en matière de sécurité. Finie, la "corbeille" depuis 1987. Le bon vieux temps où les hommes d’affaires se retrouvaient au palais Brongniart, place de la Bourse, à Paris. Aujourd’hui les ordinateurs et leurs algorithmes les remplacent et permettent des transactions dans le monde entier à la nanoseconde (un milliardième de seconde), ce qui peut permettre de propager rapidement et d'amplifier les effets d’une éventuelle action malveillante. 

Hoaxcrashs ou "canulars malveillants"

La guerre électronique est permanente sur les marchés. Les verrous sont tels qu'il est difficile pour les hackers de s’en prendre directement aux ordinateurs des marchés. Toutefois, les pirates ont trouvé la parade avec ce que l’on appelle les hoaxcrashs (hoax, canular en anglais). Canulars malveillants qui consistent à diffuser de fausses informations sur une entreprise cotée.

L'exemple le plus récent est l’attaque subie par Vinci en novembre 2016. De faux communiqués signés de pirates ont été diffusés et le titre a perdu jusqu’à 20% en quelques minutes, ce qui laisse évidemment des traces. 

Un vol d’identité est pire qu’une panne technique. Le plus gros problème est la détérioration de l’image de l’entreprise touchée, sa notoriété est entamée. Mais l’expérience montre que les marchés ne surréagissent pas. Passé l’effet de surprise, le pragmatisme reprend le dessus.

À la bourse, la situation tendue mais sous contrôle. Une récente directive européenne renforce d’ailleurs les obligations de sécurité pour les opérateurs de marchés. Elle sera pleinement opérationnelle en novembre 2018. D’autant que les experts du groupe Gemalto (leader mondial de la sécurité numérique) prévoient une année 2017 périlleuse. Ce qui ne sera pas perdu pour tout le monde. Les assureurs sont au coin du bois. L’assureur Allianz parle d’un marché potentiel de 700 à 900 millions d’euros, en Europe, à l’horizon 2018. Bien loin des Etats-Unis où le marché des assurances contre la cybercriminalité a déjà dépassé, de loin, le milliard de dollars.