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L'interview J-1. "Nous sommes toujours au rendez-vous de la concurrence", assure Stéphane Israël, PDG d'Arianespace

Arianespace s'apprête à lancer une fusée Ariane 5 de Kourou, en Guyane. Elle décollera mardi entre 23h51 et 00h24. Son objectif : mettre en orbite deux satellites de télécommunications. A la veille de ce décollage, le PDG d'Arianespace, Stéphane Israël, est l'invité de Yaël Goosz dans L'Interview J-1. Il évoque les conditions de concurrence accrue sur le marché de l'aérospatial. 

franceinfo : L'aérospatial est une industrie où la concurrence est de plus en plus rude. On fait décoller des fusées depuis l'Inde, le Japon, l'Ethiopie est sur les rangs, la Russie est de retour. Il y a des opérateurs privés qui émergent. Est-ce que la France et l'Europe sont toujours au rendez-vous de la concurrence ? 

Stéphane Israël : Oui, nous sommes toujours au rendez-vous de la concurrence. Nous avons un leadership sur le marché commercial, mais à l'évidence la concurrence s'accroît. Notre  principal concurrent est le californien Elon Musk avec son entreprise Space X, mais il y a d'autres ambitions comme Jeff Bezos, le fondateur d'Amazon qui a aussi la volonté d'avoir un lanceur le moment venu. [...] La concurrence s'accroît et parce que la concurrence s'accroît, nous avons décidé d'avoir dès 2020 un successeur pour Ariane 5, Ariane 6, qui sera sensiblement moins cher qu'Ariane 5.

Le décollage d'Ariane 6 est prévu depuis Kourou le 16 juillet 2020 avec des vols annoncés 50% moins chers qu'Ariane 5. Comment vous baissez les coûts ?

La baisse des coûts est liée à plusieurs facteurs. Vous avez d'abord une augmentation des cadences : là où nous faisons, bon an, mal an, entre 5 et 7 Ariane, nous espérons faire au moins 11 Ariane 6. C'est de la construction en série aux Mureaux (Yvelines), à Vernon (Eure), en Aquitaine, en Allemagne, en Italie et en Suisse. On va faire plus d'Ariane et quand vous faites plus de lanceurs vous baissez les coûts unitaires de production. 

La deuxième chose c'est que vous avez aussi une gouvernance qui est simplifiée, qui donne plus de responsabilité à l'industrie, Ariane Group, dont Arianespace est devenu une filiale, et nous allons travailler différemment avec les agences. Cela va permettre d'aller plus rapidement dans nos méthodes de travail. Nous avons aussi de nouvelles méthodes : par exemple, nous allons intégrer le lanceur à l'horizontal alors que jusqu'à présent c'était à la verticale, ce qui est beaucoup plus simple en réalité. Ensuite, les campagnes qui étaient de 31 jours vont passer à neuf jours. C'est toute une série d'innovations qui vont nous permettre de faire baisser très fortement les coûts.

Pourquoi est-ce que le satellite reste un marché porteur ? Quels sont les usages de demain ? 

Le satellite a longtemps servi à faire deux choses : observer la terre et communiquer, surtout à travers les communications de télévision ou des communications dites "sécurisées". De plus en plus, le satellite va permettre la connectivité à Internet, fixe ou mobile. Cela apportera la connectivité dans les zones fixes où vous n'avez pas les solutions terrestres, donc c'est un enjeu pour tout le continent africain et le sous-continent indien, mais aussi dans des situations de mobilité, comme dans les avions.

Demain, il y aura aussi l'Internet de objets, les voitures autonomes et le satellite va faire partie des solutions qui vont donner cette connectivité globale. Du côté de l'observation terrestre, on va aussi compléter cela par une lutte contre le changement climatique qui sera mesurée par les satellites. Les satellites vont jouer un rôle clé dans la mesure du changement climatique. 

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