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Histoires d'info. Quand la France se rêvait en puissance énergétique par les hydrocarbures

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a dévoilé, mercredi, en conseil des ministres, son plan pour interdire la production d'hydrocarbures dans l'Hexagone d’ici 2040 afin de conforter l'accord de Paris sur le climat. Pourtant, un jour, la France a espéré devenir une grande puissance énergétique.

Tout commence en 1949 quand des géologues détectent une zone pétrolifère à Lacq, un petit village des Pyrénées-Atlantiques. Bien plus que du pétrole, finalement peu présent, c’est du gaz naturel qui jaillit très violemment en décembre 1951. 

Un "nouveau Texas"

Très vite des travaux s'engagent pour tirer profit de réserves qu’on imagine mirifiques. Certains n’hésitent pas à parler d’un "nouveau Texas" ! L’exploitation ne commence véritablement qu’en 1957.

À la télévision, Les Actualités Françaises s’en font évidemment l’écho : "Une province de France, l'Aquitaine, est en passe d'être radicalement transformée par l'apparition de cette usine d'extraction de gaz naturel, la plus importante d'Europe, assure alors le commentateur. En plus des hydrocarbures classiques -essence, butane, propane- l'usine de Lacq, qui envoie déjà chaque année dans le Sud-Ouest, 200 millions de mètres cubes de gaz, verra bientôt avec ses prolongements, sa production portée à 4 milliards de m3, soit l'équivalent du tiers de nos importations de charbon."

Avec la relance industrielle d'une contrée jusqu'à présent agricole, ce sera un pas de plus vers l'indépendance énergétique de la France.

"Les Actualités françaises", 2 octobre 1957

L'indépendance énergétique espérée n'arrive pas

De fait, les 4 milliards de m3 par an seront rapidement atteints, on ira même jusqu’à 12 milliards de m3 en 1982. Mais, en pourcentage, le gaz naturel de Lacq représente très peu dans le mix énergétique français. Il ne permettra jamais d’atteindre l’indépendance énergétique, espérée en 1957.

En 1973, au moment de la crise pétrolière, quand la France en aurait bien eu besoin face à l’augmentation massive du prix du baril de pétrole, le gaz de Lacq ne couvrait que 3.5% de la consommation d’énergie primaire du pays. Concurrencé par d’autres sources de gaz, notamment celui de Groningue, découvert aux Pays-Bas en 1959 et dont les réserves sont dix fois plus importantes, le gaz de Lacq n’est même pas le plus utilisé en France. Le pays préférera rechercher l’indépendance énergétique via le nucléaire. 

Après un long déclin, le gaz de Lacq cesse en 2013. Cela étant, l’activité industrielle de la zone n’a pas disparu avec la fin de l’exploitation du gisement.

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