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C'est ma planète. L'asphyxie des océans menace la régulation du climat

Une centaine de défenseurs de l’océan se sont réunis cette semaine à l’Unesco à Paris pour partager leur expérience. Ils tirent la sonnette d’alarme sur l’état de santé de notre principal régulateur du climat. Les dernières publications ne sont pas très réjouissantes.

D'abord, selon une étude de la revue Nature Ecology & Evolution, nos fonds marins sont fortement contaminés aux POP : les polluants organiques persistants, comme les PCB, longtemps utilisés dans nos transformateurs électriques. Cette étude n’est pas allée voir ce que l'on trouvait à l'embouchure des fleuves ou près des côtes mais tout au fond de l'océan, à 10 000 m de profondeur, comme dans la fosse des Mariannes. Comment les chercheurs ont-ils fait pour le savoir ? Ils ont analysé la contamination de crustacés de ces fosses marines. Certains avaient des taux de PCB cinquante fois supérieurs aux crabes des rizières de la rivière Liaohe en Chine: l'une des plus contaminées au monde.

Des "zones mortes" et une menace sanitaire

La revue Nature a publié ce mois-ci aussi une étude prouvant que l'oxygène dissous par l'océan a diminué de 2% depuis les années 1960. En cause, le réchauffement global de la planète et donc des eaux de surface. Ce n'est qu'une moyenne. Sur certaines zones du globe, comme l'Arctique, la diminution est déjà de près de 10%.

L'oxygène est essentiel pour la vie marine. Les poissons en ont autant besoin que nous pour survivre. Si l'océan ne dissous plus d'oxygène, nous verrons s'étendre ce que les scientifiques appellent des zones mortes. Les bactéries adorent proliférer dans ces zones mortes. Nous pourrions donc devoir faire face à de nouvelles menaces sanitaires.

Des projets en quête de puissance

Parmi les porteurs de projets réunis cette semaine, beaucoup proposent de replanter des mangroves ou des herbiers le long des côtes africaines, pour capter du CO2, protéger le littoral de l'érosion et faire revenir les poissons. Aux Fidji, une filière tente de se créer pour utiliser les résidus de noix de coco comme fibres et comme carburant au lieu d'utiliser du pétrole. Ailleurs se sont les récifs coralliens que l'on tente de protéger en luttant contre le poisson lion, espèce invasive, ou en limitant les micro-billes de plastiques qui sortent des eaux usées à cause des cosmétiques ou autres dentifrices.

Tous se fixent des objectifs à attendre aussi dans la perspective de l’accord de Paris sur le climat. Notre océan est le véritable climatiseur de notre atmosphère. Il ne faudrait pas qu'il tombe en panne, lui recouvre 70% de la surface de notre planète.