Le plateau du premier débat télévisé entre les candidats à l\'élection présidentielle, le 20 mars 2017 à La Plaine Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). 
Le plateau du premier débat télévisé entre les candidats à l'élection présidentielle, le 20 mars 2017 à La Plaine Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).  (PATRICK KOVARIK / AFP)

Présidentielle : tout ce qu'il faut savoir sur le premier débat

C'est un débat inédit pour une présidentielle. Lundi 20 mars, Marine Le Pen (FN), François Fillon (LR), Emmanuel Macron (En marche !), Benoît Hamon (PS) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), soit les cinq candidats les mieux cotés dans les sondages, se feront face sur le plateau de TF1, à partir de 21 heures. Deux jours après le dépôt officiel des candidatures qui a vu onze candidats se qualifier, ce débat marque le vrai coup d'envoi de la campagne. Franceinfo revient sur ce qu'il faut en savoir. 

Comment et par qui est organisé le débat ? 

Le débat, qui devrait durer 2h30 minimum, sera diffusé sur TF1 et LCI (et en direct à la radio sur franceinfo). Il sera animé par les journalistes Anne-Claire Coudray et Gilles Bouleau. Les candidats se feront face derrière des pupitres opaques, disposés en cercle, dans l'idée de favoriser les échanges.

C'est le tirage au sort qui a décidé de la place des prétendants. François Fillon, qui a fait d'Emmanuel Macron son principal adversaire, sera à côté du leader d'En marche !. Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen seront voisins de pupitre. Chaque candidat aura deux minutes pour répondre aux questions. Au bout d'une minute trente, ses concurrents pourront l'interpeller. 

Certains participants ont eu des exigences, plus ou moins acceptées par TF1. D'après Le Figaro, les plans de coupe, sur lesquels Jean-Luc Mélenchon avait exprimé des inquiétudes, ont finalement été autorisés. Ils seront minutieusement comptabilisés par une scripte, pour veiller au bon équilibre du débat. Emmanuel Macron avait demandé d'organiser des duels, option qui n'a pas été retenue. Marine Le Pen a, elle, obtenu gain de cause sur la présence de tabourets derrière les pupitres afin de pouvoir s'asseoir. 

Quels vont être les thèmes abordés ? 

"Quel président voulez-vous être ?" C'est la première question qui sera posée aux candidats et à laquelle ils devront répondre en une minute trente maximum. Là encore, c'est le tirage au sort qui a décidé de l'ordre de passage. François Fillon ouvrira le bal, suivi de Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen et enfin Benoît Hamon. 

Trois grandes thématiques seront ensuite débattues durant 45 à 50 minutes. La première portera sur les questions de société – l'éducation, l'écologie, la sécurité, l'immigration ou encore les institutions. Dans un deuxième temps, les candidats échangeront sur l'économie, que ce soit sur le temps de travail, la protection sociale ou la fiscalité. La troisième partie sera réservée à l'international avec des sujets sur l'Europe, les frontières ou le terrorisme. 

Pour conclure l'émission, les candidats auront là encore une minute trente pour tenter de convaincre une dernière fois les Français. Le tirage au sort a de nouveau choisi François Fillon en premier, suivi par Benoît Hamon, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron. 

Comment se sont préparés les candidats ? 

Travail, petits rituels et moments de détente : chaque candidat a sa façon bien à lui de préparer le débat. François Fillon est ainsi reparti dans la Sarthe avec, au programme, du footing, du vélo, de la cuisine à la maison et un peu de lecture, rapporte Europe 1. Le candidat de la droite et du centre a aussi demandé à son équipe de se livrer à des jeux de rôle. Son porte-parole, Luc Chatel, s'est donc mis dans la peau d'Emmanuel Macron tandis que la députée des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer a joué celui de Marine Le Pen. La candidate du FN a, elle, prévu quelques échanges avec ses conseillers. "Elle est archiprête, elle s'y prépare depuis des mois", assure le député du Gard Gilbert Collard au Figaro. Et la candidate de l'extrême droite aura un adversaire désigné : Emmanuel Macron. "Patriote contre mondialiste", résume au JDD l'entourage de la présidente du Front national.

François Bayrou a, de son côté, donné quelques conseils de préparation à Emmanuel Macron, novice en la matière. Selon Europe 1, l'ancien ministre de l'Economie "a trouvé l'exemple à ne pas suivre : Bruno Le Maire". "La cravate/pas de cravate, les grands gestes… c’est tout ce qu’il ne faut pas faire", assure à la radio l’un des conseillers du fondateur d’En marche !.

Jean-Luc Mélenchon a l'intention de travailler sur le débat pendant la journée de lundi. "Il sera prêt, il a un an de campagne dans les jambes", confie au JDD son porte-parole Alexis Corbière. Enfin, Benoît Hamon a prévu une cure de thé au miel pour se remettre de son meeting de Bercy, dimanche. Il ira chercher ses filles à l'école, avant de céder "à son rituel porte-bonheur : un petit verre de blanc", écrit Europe 1.

Que vont faire les autres candidats ? 

A 19h30, les "petits" candidats participeront, eux, à un débat diffusé sur les réseaux sociaux par Explicite, le nouveau média créé par des anciens d'iTélé. Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte ouvrière, Jacques Cheminade, le candidat de Solidarité et progrès, ainsi que Philippe Poutou, le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), ont confirmé leur présence.

Une interrogation demeure : Nicolas Dupont-Aignan s'y rendra-t-il ? Le candidat de Debout la France a, durant plusieurs semaines, bataillé ferme pour pouvoir participer au débat de TF1. Le CSA, qu'il avait saisi, s'est déclaré incompétent car nous sommes encore dans la période dite d'équité des temps de parole et d'antenne. Le Conseil d'Etat a fait le même constat. Le candidat a pris acte de ces décisions, mais il n'en démord pas. TF1 "viole gravement", selon lui, "les règles démocratiques du débat présidentiel".