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VIDEO. "Envoyé spécial". Quand Penelope Fillon affirmait : "Je n'ai jamais été son assistante ou quoi que ce soit de ce genre"

"Je n'ai jamais été son assistante, ou quoi que ce soit de ce genre-là", a déclaré Penelope Fillon au Sunday Telegraph, dans un entretien vidéo accordé en mai 2007 et dévoilé par "Envoyé Spécial" sur France 2, jeudi 2 février. Relancée sur son rôle au côté de François Fillon, l'épouse du candidat de la droite à la présidentielle ajoute : "Je ne me suis pas occupée de sa communication non plus." 

Ces propos, tenus au journal britannique quelques jours après la nomination de François Fillon au poste de Premier ministre, confirment les révélations parues dans Le Canard enchaîné. L'hebdomadaire soupçonne François Fillon et son suppléant à l'Assemblée Marc Joulaud d'avoir rémunéré Penelope Fillon en tant qu'assistante parlementaire pour plus de 830 000 euros. Toutefois, cet emploi aurait été fictif, selon l'hebdomadaire.

"Je suis peu à l'aise dans les allées du pouvoir"

"Il ne faut pas isoler cette phrase du contexte dans lequel elle a été prononcée", a averti l'avocat de Penelope Fillon, Pierre Cornut-Gentille, sur France Inter. "Ce qui préoccupe le journaliste britannique, c'est de savoir si la femme du nouveau Premier ministre français ressemble ou pas à Cherie Blair, dont le mari occupait à l'époque les fonctions de Premier ministre à Londres (...). Elle est exactement le contraire de Cherie Blair, c’est-à-dire que c'est une femme extrêmement discrète, réservée, qui n'a jamais voulu se mettre dans la lumière et qui, bien qu'elle ait effectivement partagé l'activité de son mari tout au long de sa carrière, a eu perpétuellement la préoccupation de ne pas apparaître comme jouant un rôle politique public. Et c'est cela qu'elle veut exprimer", détaille l'avocat.

Penelope Fillon a-t-elle bien exercé la fonction pour laquelle elle était grassement payée ? Plusieurs témoignages, dont celui d'une ancienne collaboratrice du suppléant de François Fillon, Marc Joulaud, sèment le doute. Le parquet financier a ouvert une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits. Pour sa défense, le candidat a assuré sur TF1 que son épouse travaillait pour lui "depuis toujours, depuis 1981, [sa] première élection", et a fourni, selon son avocat, "des documents" à la justice pour prouver sa bonne foi.

Toujours dans cet entretien vidéo, qui n'est aujourd'hui plus consultable sur internet, l'épouse de celui qui vient alors d'être nommé Premier ministre se dit "peu à l'aise dans les allées du pouvoir", précise qu'elle n'a aucun rôle au côté de son mari et confie qu'elle étudie Shakespeare. "J'ai réalisé que mes enfants me connaissaient mais seulement en tant que mère. (...) Je me suis donc dit : 'Je ne suis pas stupide, cela va me permettre de travailler et de penser à nouveau'", raconte encore Penelope Fillon, alors qu'elle est censée exercer le métier d'assistante parlementaire auprès de son mari, puis de Marc Joulaud depuis une dizaine d'années.