Emmanuel Macron et Donald Trump quittent les Invalides, à Paris, le 13 juillet 2017.
Emmanuel Macron et Donald Trump quittent les Invalides, à Paris, le 13 juillet 2017. (IAN LANGSDON / AFP)

Trump, Poutine, budget de l'armée : les quatre phrases à retenir de l'interview d'Emmanuel Macron au "JDD"

Au lendemain de la première visite officielle du président américain, Donald Trump, à Paris, Emmanuel Macron, qui l'a accueilli pendant deux jours, livre déjà des confidences sur le contenu de leurs discussions, dimanche 16 juillet dans Le JDD. Il explique avoir tenté de convaincre Donald Trump de ne pas sortir de l'accord de Paris sur le climat, et pense que ses arguments ont porté. Il évoque également d'autres sujets d'actualité, comme la polémique sur les efforts budgétaires demandés à l'armée. Franceinfo vous résume ses principales déclarations.

Sur le climat : "Donald Trump m'a écouté"

Emmanuel Macron avait réagi à l'annonce du retrait américain de l'accord de Paris sur le climat, le 1er juin, par une déclaration cinglante et un appel aux scientifiques à rejoindre la France. Lors de sa rencontre avec Donald Trump, jeudi, il a tenté de convaincre ce dernier de changer d'avis, et pense que ses arguments ont pesé, explique-t-il au JDD"Donald Trump m'a écouté. Il a compris le sens de ma démarche, notamment le lien qui existe entre réchauffement climatique et terrorisme."

"Il m'a dit qu'il allait essayer de trouver une solution dans les prochains mois. On a parlé dans le détail de ce qui pourrait lui permettre de revenir dans l'accord de Paris", raconte Emmanuel Macron. Jeudi, lors de sa conférence de presse, Donald Trump avait déclaré que "quelque chose pourrait se passer" sur l'accord de Paris. Son homologue français plaide pour "maintenir le dialogue" avec les États-Unis afin qu'ils "puissent à terme réintégrer le champ de l'action contre le réchauffement climatique".

Sur son dîner à la tour Eiffel : "C'était important de donner un visage attractif de Paris"

Jeudi soir, après leur entretien, les deux présidents ont dîné avec leurs épouses dans le cadre fastueux du restaurant Le Jules Verne, au 2e étage de la tour Eiffel. Un choix personnel d'Emmanuel Macron, explique-t-il au JDD"C'était l'un des objectifs de cette visite, donner aux Américains (...) une image plus forte de la France et de Paris", alors que le tourisme a subi le contrecoup des attentats qui ont frappé la capitale. 

"C'est pour cela que j'avais choisi la tour Eiffel, pour donner un visage ouvert et attractif de Paris, de notre pays et de son économie", poursuit Emmanuel Macron. Sur ce point aussi, il pense avoir réussi son coup : "Je pense que Donald Trump est reparti en ayant une meilleure image de la France qu'à son arrivée."

Sur Poutine : "L'ingérence russe, (...) sujet quasi-exclusif de notre premier entretien"

Le président de la République évoque également ses relations avec d'autres leaders mondiaux, dont le président russe, Vladimir Poutine, et assure ne pas avoir hésité à évoquer un sujet tendu : celui de l'influence que Moscou a pu chercher à exercer sur l'élection présidentielle. "Avec Vladimir Poutine, l'ingérence russe dans la campagne française a été le sujet quasi-exclusif de notre premier entretien téléphonique."

"Je lui ai dit quels étaient les éléments factuels en ma possession sur le piratage informatique et le comportement de certains médias", assure Emmanuel Macron. Lors d'une conférence de presse commune avec Vladimir Poutine lors de sa visite en France, fin mai, le chef d'Etat français avait accusé des médias russes de s'être comportés comme des "organes d'influence" pendant la campagne.

Sur le budget des armées : une menace à l'attention du chef d'état-major

Le 13 juillet, à la veille du défilé de la fête nationale, Emmanuel Macron avait recadré le chef d'état-major des armées. "Je suis votre chef", avait-il lancé dans un discours au ministère des Armées, message à peine voilé à Pierre de Villiers. Peu avant, ce dernier avait protesté contre les économies demandées par le gouvernement à la défense, expliquant qu'il ne se laisserait pas "baiser" par Bercy. 

Le recadrage continue dans Le JDD, où Emmanuel Macron met la pression sur Pierre de Villiers : "Si quelque chose oppose le chef d'état-major des armées au président de la République, le chef d'état-major des armées change." "L'intérêt des armées doit primer sur les intérêts industriels", affirme encore le chef de l'Etat.

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