Version Original Condor - Tunnel de Kim Seong-Hun
Version Original Condor - Tunnel de Kim Seong-Hun (Version Original Condor - Tunnel de Kim Seong-Hun)
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Cinéma : Tunnel, un film de Kim Seong-Hun, au cinéma le 3 mai 2017

Entretien avec Kim Seong-Hun

Pourquoi avoir choisi ce sujet pour votre nouveau film ?

Une personne ordinaire, n’ayant commis aucune faute, se retrouve prise au piège d’une catastrophe provoquée par des erreurs de la société. Un film est un film, la réalité est la réalité, mais de nos jours de nombreux incidents ressemblent davantage à des films qu’à la réalité. À vivre dans une telle société, je me suis naturellement intéressé à ce genre d’histoire. Tunnel est, à l’origine, un roman. J’étais fasciné par cette histoire qui s’intéresse à la survie d’un homme enseveli sous les décombres d’un tunnel qui s’est effondré, mais aussi au travail des équipes de sauvetage et ce qui se passe à l’extérieur, autour de ce drame. C’est ce qui m’a vraiment plu dans ce livre. Nous nous sommes rapidement rendu compte des contraintes techniques qu’engendrait une telle histoire, mais ce qui m’a motivé était la façon dont je pouvais adapter un tel matériel à l’écran, en mélangeant à la fois du suspense, de l’effroi et de l’émotion. C’est apparu un peu comme un défi personnel.

TUNNEL de KIM Seong-hun - En salles le 03.05.2017 from V.O. on Vimeo.

Comment avez-vous trouvé votre tunnel ?

Durant la préproduction, j’ai visité tous les tunnels du pays. L’intrigue du film se passe dans un tunnel récemment construit. Il était difficile d’en trouver un vrai, suffisamment récent. Nous avions identifié plusieurs possibilités, et finalement notre choix s’est porté sur le tunnel Okcheon qui est condamné. L’équipe décoration s’est alors attelée à un gros chantier pour créer une nouvelle route, une rambarde et des fanions pour lui donner l’apparence d’un tunnel flambant neuf. Grâce à leurs efforts, nous avons été capables de créer l’image exacte du tunnel que j’imaginais.

Votre film n’est pas tant une satire des institutions, qu’un drame à hauteur d’homme …

Je m’intéressais surtout aux équipes de sauvetage et à ce qui se passe autour de cette catastrophe. Imaginez la situation : des moyens considérables sont mis en oeuvre pour sauver un seul individu. Si vous changez l’équation et vous vous retrouvez avec un groupe de personnes enfouies sous les décombres, les institutions, les politiques ou les sauveteurs se conduiraient sûrement très différemment face à un tel drame. Malheureusement, dans ce film il n’y a qu’un survivant, et la question se pose sur la nécessité de déployer tous ces moyens pour le tirer d’affaire. C’est un cas de conscience passionnant à traiter. Je me suis concentré sur l’humain et ces groupes qui se tuent à la tâche et qui, à mesure que le temps passe dans la mission de sauvetage, perdent espoir et motivation. Je voulais éviter l’approche hollywoodienne, sa débauche de moyens et sa dramaturgie artificielle.

© 2016 showbox, another sunday, history e&m and b.a.     
© 2016 showbox, another sunday, history e&m and b.a.      (© 2016 SHOWBOX, ANOTHER SUNDAY, HISTORY E&M AND B.A. ENTERTAINMENT ALL RIGHTS RESERVED.)

Le film repose en partie sur les talents de vos trois acteurs principaux. Comment les avez-vous dirigés ?

Pour le personnage principal Jung-soo Lee, j’ai voulu par contraste prendre un acteur qui dégage une énergie très positive, une forme de fraîcheur juvénile. Ha Jungwoo est une personne optimiste, très drôle. Il a cette capacité de jeu très minimaliste. Et je pense que dans un contexte de claustrophobie, c’était l’approche idéale. Oh Dal-su incarne à la perfection ce chef de l’équipe de secours doté d’un sens aiguisé du devoir, prêt à tout mettre en oeuvre pour secourir Jung-soo Lee, et déterminé à sauver une personne qu’il ne connaît pas. Concernant Se-hyun, le personnage de l’épouse, c’est peut-être un rôle pour lequel on doit ressentir encore plus de peine que pour le prisonnier des décombres. Je ne voulais pas que cette femme dévoile ouvertement ses sentiments et sa détresse. Je souhaitais qu’elle ait une certaine retenue dans ses émotions et qu’elle laisse transparaître malgré elle sa tristesse. Un tel rôle correspondait parfaitement aux talents de Doona Bae. Elle ne joue pas, elle n’essaie pas de montrer des émotions, quand elle interprète un personnage, elle l’incarne. Elle ressent ses sentiments. C’est une qualité assez extraordinaire.

À quoi avez-vous prêté le plus attention, pendant le tournage ?

Le rire fait partie de nos vies au même titre que le désespoir, la douleur ou la tristesse. J’ai donc tenu à inclure de la façon la plus naturelle possible de l’humour et des rires dans le film, bien que la survie d’un homme soit en jeu.

Quel est pour vous le message du film ?

Tunnel est une histoire réaliste sur la vie humaine et le spectacle qu’elle peut offrir. C’est un film sur la vie. Pour moi, la vie humaine, chose la plus importante que nous ayons, est beaucoup trop dévalorisée de nos jours. J’espère qu’à travers le personnage de Jung-soo Lee, piégé sous le tunnel, nous pouvons à nouveau nous interroger sur le sens de la vie humaine.

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