Donald Trump, le président américain, aux côtés de sa femme Melania Trump, dans un centre d\'accueil des sinistrés à Houston, au Texas, le 2 septembre 2017.
Donald Trump, le président américain, aux côtés de sa femme Melania Trump, dans un centre d'accueil des sinistrés à Houston, au Texas, le 2 septembre 2017. (KEVIN LAMARQUE / X00157)

Tempête Harvey : le déplacement très politique de Donald Trump à Houston

Une journée nationale de prière pour les victimes de la tempête Harvey est prévue dimanche 3 septembre aux États-Unis, à la demande de Donald Trump. La veille, le président américain a rencontré des sinistrés dans un centre d'accueil de Houston, au Texas. 

Donald Trump avait raté sa première séquence politique, mardi, lorsqu'il s'était rendu sur la côte texane à Corpus Christi et Austin sans voir aucune victime, sans s'approcher des dégâts. Cette fois, le président des États-Unis a tenu à montrer son empathie.

Donald Trump de retour à Houston, au Texas : le reportage de Philippe Randé
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Samedi, Donald Trump a coché toutes les cases : un détour dans une église, où il a aidé des volontaires à porter de l'eau, des poignées de main avec des élus, des compliments au gouverneur. Le président américain a surtout passé une vingtaine de minutes dans un centre d'accueil de Houston où 2 000 naufragés dorment sur des lits de camp depuis six jours. Il a embrassé des enfants, il a servi des hot-dogs, il a serré des mains et pris des selfies. "J'ai vu beaucoup de bonheur. Même si cela a été très dur, [la réaction] a été fantastique. Il y a beaucoup d'amour", a-t-il déclaré lors d'un bref échange avec les journalistes.

Bain de foule avec des sinistrés

Shanna en garde un souvenir mémorable : "Tout le monde l’appelait, raconte-t-elle. Moi aussi, j’ai crié son nom. J’ai dit : 'Trump !'. Il s’est arrêté et il a dit aux gens autour de lui : 'Il faut que je lui parle'. Il m’a parlé, on a même fait une photo avec lui. C’était incroyable surtout pour nous, qui avons tout perdu. Je suis là depuis le début des inondations."

Je lui ai demandé si on aurait de l’aide, il m’a dit que oui, il m’a dit qu’il nous donnerait l’aide dont on a besoin, nous qui avons été inondés. J'espère qu’il va tenir parole.

Shanna, une sinistrée de la tempête Harvey à Houston (Texas)

à franceinfo

Un peu plus loin, dans l'immense centre des congrès de Houston, Zemika, elle est un peu déçue par le "timing" de la Maison Blanche. "J’aurais préféré qu’il vienne avant, au moment où on avait vraiment besoin de lui alors que, maintenant, l’eau commence à partir, dit-elle. Beaucoup de gens qui auraient aimé le voir ont quitté le centre d’accueil."

Un exercice de communication politique

Elle est tout de même soulagée par la venue de Donald Trump avec qui elle a pu faire un selfie : "Je me sens mieux maintenant parce qu’il a pris la peine de venir nous voir. Pas seulement moi mais tous ces gens à qui il a serré la main, sans faire attention à la race et à la couleur."  Zemika confie néanmoins qu'elle n'est pas dupe de la communication politique derrière cette visite présidentielle. "Il avait besoin de faire ça. Je ne dirais pas que c’est ça qui va changer nos vies, mais je pense que tout va bien se passer pour nous."

Je sais qu’il avait besoin politiquement de cette séquence-là, de cette belle histoire.

Zenica, une sinistrée de Houston

à franceinfo

Effectivement, Donald Trump avait besoin de cette séquence, c'est indéniable, politiquement parlant. Ce drame, cette première catastrophe naturelle de son mandat est, pour lui, un moyen de rassembler. Il a passé un été très compliqué entre l'affaire russe, les départs en série de la Maison Blanche, le fiasco de l’abrogation partielle de l'Obamacare, les déclarations pour le moins maladroites après les violences à Charlottesville.

Harvey est pour lui l'occasion de se poser en père de la nation, de s'humaniser, de se rapprocher du peuple et d'aller voir -et c'est très rare- ceux qui ne sont pas ses électeurs. C'est pour cela que cette visite, samedi, au Texas était importante. Il a d'ailleurs, à nouveau, promis de débloquer en urgence 7,85 milliards de dollars (6,6 milliards d'euros) pour financer la reconstruction.

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