Le siège de l\'Unesco, à Paris, le 12 juillet 2017. 
Le siège de l'Unesco, à Paris, le 12 juillet 2017.  (SERGE ATTAL / ONLY FRANCE / AFP)

Israël et les Etats-Unis quittent l'Unesco

Après son retrait de la COP21 en juin, Washington continue de faire cavalier seul. Jeudi 12 octobre, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) a annoncé que les Etats-Unis quittaient ses rangs. "Cette décision n'a pas été prise à la légère, et reflète les inquiétudes des Etats-Unis concernant l'accumulation des arriérés à l'Unesco, la nécessité d'une réforme en profondeur de l'organisation et ses partis pris anti-israéliens persistants", a précisé le département d'Etat américain dans un communiqué.

Dans la foulée, Israël a annoncé qu'elle quittait également l'organisation. Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, "a donné pour instruction au ministère des Affaires étrangères de préparer le retrait d'Israël de l'organisation, parallèlement aux Etats-Unis", a dit son bureau dans un communiqué. "L'Unesco est devenue le théâtre de l'absurde où l'on déforme l'histoire au lieu de la préserver", a-t-il ajouté.

Un désaccord sur le conflit israélo-palestinien

Les Etats-Unis devraient toutefois maintenir leur présence dans cette organisation en tant que simple observateur. C'est "une perte pour la famille des Nations unies", a réagi immédiatement l'instance internationale qui "regrette profondément". "L'universalité est essentielle à la mission de l'Unesco pour construire la paix et la sécurité internationales face à la haine et à la violence, par la défense des droits de l'Homme et de la dignité humaine", a déclaré sa directrice générale, Irina Bokova.

Washington avait prévenu début juillet de son intention de réexaminer ses liens avec l'Unesco après sa décision de déclarer la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie occupée, "zone protégée" du patrimoine mondial. Cette décision, qualifiée d'"affront à l'histoire", "discrédite encore plus une agence onusienne déjà hautement discutable", avait alors déclaré l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley.

Une prise de distance entamée en 2011

Les Etats-Unis, alliés d'Israël, avaient déjà pris leurs distances avec l'Unesco. Ils avaient ainsi arrêté de participer à son financement en 2011 après que l'agence a admis les Palestiniens parmi ses Etats membres. Mais ils continuaient depuis à siéger au Conseil exécutif de l'Unesco, composé de 58 membres.

Selon le département d'Etat, un statut d'observateur permettrait de continuer d'apporter la "vision" et "l'expertise" américaines "sur certains dossiers importants gérés par l'organisation", notamment "la protection du patrimoine mondial, la défense de la liberté de la presse" et la promotion des sciences et de l'éducation.

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