Les urgences du CHU de Nantes (Loire-Atlantique), le 16 mars 2017.
Les urgences du CHU de Nantes (Loire-Atlantique), le 16 mars 2017. (LOIC VENANCE / AFP)

Systèmes de santé : la France 15e d'un classement où les inégalités se creusent

La France arrive à la 15e place d'un classement des systèmes de santé établi par une étude publiée vendredi 19 avril, qui souligne que l'écart entre les pays les plus et les moins performants s'est creusé depuis 1990. C'est la principauté d'Andorre qui est en tête de ce classement. La Centrafrique est dernière.

Publiée dans la revue médicale britannique The Lancet, cette étude se base sur un indicateur qui mesure la qualité et l'accessibilité des systèmes de santé. La performance de chaque pays a été établie selon les taux de mortalité de 32 maladies pour lesquelles les décès peuvent, en théorie, être évités, à condition d'un accès rapide à des soins efficaces (tuberculose, cancer du sein, leucémie, certaines maladies cardiovasculaires...). 

La France derrière la Suisse, mais devant les Etats-Unis

Un total de 195 pays ont été examinés de 1990 à 2015 et notés de 0 à 100. Andorre atteint un score de 95, suivi de l'Islande (94) et de la Suisse (92). La France a un total de 88. Treize des quinze premiers pays sont en Europe de l'Ouest. Les deux autres sont l'Australie (6e, 90) et le Japon (11e, 89).

Les Etats-Unis n'arrivent qu'au 35e rang (81) et le Royaume-Uni au 30e (85). En queue de classement, on trouve la Somalie (34), l'Afghanistan (32) et, à la dernière place, la Centrafrique (29). La moyenne des résultats a notablement augmenté depuis 1990, passant de 40,7 à 53,7. "167 pays ont vu l'accessibilité et la qualité de leur système de santé augmenter de façon significative", relève l'étude.

Les inégalités se creusent

Cependant, les inégalités se sont creusées : l'écart entre le premier pays et le dernier était de 66 points en 2015 contre 62 seulement en 1990. L'étude s'intéresse aussi à l'écart entre les performances réelles des pays et celles que leur niveau de développement devrait normalement entraîner.

Ainsi, les performances des Etats-Unis sont inférieures de 10 points à ce qu'on pourrait attendre d'eux et cet écart se monte à 25 dans le cas de l'Afrique du Sud. A l'inverse, pour les premiers pays du classement, la différence est nulle.

"Ces résultats sonnent comme un avertissement : l'augmentation du niveau de développement n'entraîne pas forcément une amélioration de la qualité et de l'accès au système de santé", a commenté le responsable de l'étude, le professeur Christopher Murray, de l'Institut américain des mesures et évaluations de la santé (IHME) de l'université de Washington.