De la fumée s\'élève au-dessus du campement Kangaba, un hôtel de luxe prisé des expatriés, le 18 juin 2017, près de Bamako (Mali). 
De la fumée s'élève au-dessus du campement Kangaba, un hôtel de luxe prisé des expatriés, le 18 juin 2017, près de Bamako (Mali).  (REUTERS)

Mali : ce que l'on sait de l'attaque qui a fait au moins cinq morts dans un hôtel proche de Bamako

C'est le premier attentat antioccidental survenu depuis 2016 dans la capitale malienne. Une attaque jihadiste s'est produite contre un lieu de villégiature proche de Bamako (Mali), fréquenté par des étrangers, dimanche 18 juin dans la soirée. Elle a fait au moins cinq morts, selon un nouveau bilan actualisé lundi. Franceinfo reprend le fil.

Que s'est-il passé ?

L'attaque et la prise d'otages ont visé, dimanche en début de soirée, le campement Kangaba, un agréable "écolodge" et site de détente situé à la périphérie de Bamako. Fondé par un Français, il est très prisé des expatriés.

Selon plusieurs personnes secourues, les assaillants, dont on ne connaît pas le nombre exact, ont crié "Allah akbar" ("Dieu est le plus grand"). Interrogés par l'AFP, des riverains affirment avoir entendu des coups de feu en provenance du lieu attaqué et avoir vu de la fumée s'échapper du site.

Un témoin proche de l'hôtel a, lui, raconté à l'agence Reuters avoir vu des Occidentaux s'enfuir de l'hôtel "pendant que des policiers en civil échangeaient des tirs avec des assaillants qui, semble-t-il, étaient à l'intérieur". Au moins un des assaillants a été blessé et a dû abandonner ses armes sur place. 

Comment est-on revenu au calme ? 

Les forces de sécurité ont vite repris le contrôle, selon le porte-parole du ministère de la Sécurité, Baba Cissé. "C'est une attaque jihadiste. Les forces spéciales maliennes sont intervenues", a confirmé le ministre malien de la Sécurité, Salif Traoré, avant d'indiquer que le ratissage s'est fait "chambre par chambre".

Selon la télévision publique ORTM, c'est la Forsat (Force spéciale antiterroriste) qui est intervenue, appuyée par les militaires de l'opération française antijihadiste Barkhane et de la mission de l'ONU (Minusma). Dans la soirée, des opérations ont eu lieu autour du site encerclé, affirme Reuters. Un hélicoptère a survolé la zone et le ratissage s'est poursuivi dans les environs pour retrouver les assaillants.

Y a-t-il des victimes ? 

Dans un premier temps, le ministre malien de la Sécurité a annoncé la mort de deux personnes, dont une cliente franco-gabonaise. Mais le ministère français des Affaires étrangères n'avait pas confirmé, faisant état de "vérifications pour déterminer la présence éventuelle de ressortissants français parmi les victimes".

Lundi, le bilan a été revu à la hausse. Le ministre a ainsi indiqué que l'attaque avait fait cinq morts, dont quatre civils et un militaire malien. Les victimes sont de nationalités gabonaise, chinoise, portugaise et malienne. La Haute représentante de l'Union européenne (UE), Federica Mogherini, a indiqué qu'un ressortissant portugais travaillant pour la mission européenne de formation de l'armée malienne et une Malienne employée par la délégation européenne à Bamako faisaient partie des personnes tuées.

Par ailleurs, un Français et un Suédois, qui étaient portés disparus, "ont été retrouvés"