Une réfugiée rohingya et son enfant devant leur tente près du camp de Balukhali au Bangladesh, le 12 septembre 2017.
Une réfugiée rohingya et son enfant devant leur tente près du camp de Balukhali au Bangladesh, le 12 septembre 2017. (REUTERS / DANISH SIDDIQUI)

Bangladesh : les Rohingyas sous la menace du choléra, faute d'eau potable

Human Rights Watch et Amnesty International ont regretté, mardi  l'inaction du Conseil de sécurité de l'ONU dans le traitement de la crise en Birmanie, où 370000 musulmans rohingya ont été contraints à un exode massif s'apparentant à un "nettoyage ethnique".

Plus de 370 000 Rohingyas ont fui la Birmanie et sont arrivés au Bangladesh depuis le 25 août où ils s'entassent sous des tentes. Au total, en comptant les réfugiés arrivés pendant les années précédentes, près d'un demi-million de membres de cette minorité musulmane campent au Bengladesh, voisin de la Birmanie.

Les quelques organisations humanitaires présentent ne peuvent pas fournir de l'eau potable à tous et les conditions d'hygiène sont effroyables. Elles craignent l'émergence d'épidémies. 

Bangladesh : les humanitaires craignent l'émergence d'épidémies dans les camps de réfugiés Rohingyas : le reportage de Sébastien Farcis
--'--
--'--

Sous une cabane du campement de réfugiés de Balou khali, un médecin recouvre avec des bandes médicales les jambes d'un bébé. Elles sont brûlées au deuxième degré. Le visage voilé, sa mère raconte ce qu'il s'est passé : "Les militaires birmans ont jeté de l'eau bouillante sur elle quand nous étions en train de fuir", dit-elle.

"Je vois régulièrement des brûlures comme celle ci ou des blessés par balle", infique le docteur Karmaker, qui travaille pour l'association bangladaise Gonoshashtrya Kendra dans ce bidonville de plus de 20 000 personnes.

Un inquiétant manque d'eau potable

Sur le millier de patients reçus chaque jour dans la clinique improvisée du campement, la majorité des personnes souffre de troubles digestifs : "Beaucoup viennent avec des diarrhées et des dissentries", confirme le docteur Karmaker. Dans un autre campement, les réfugiés utiliseraient la rivière qui passe au milieu des tentes pour faire leurs besoins et retirer de l'eau, selon le médecin qui prévient que "si l'hygiène n'est pas améliorée et si de l'eau potable n'est pas apportée très vite, ils vont tomber malades de choléra".

Quelques camions passent le long de la route pour distribuer de l'eau potable, mais bien trop peu. Il y a un manque cruel d'aide humanitaire pour alimenter ces réfugiés rohingyas. 

plus