Un embouteillage, quai des Tuileries, à Paris, le 13 octobre 2016.
Un embouteillage, quai des Tuileries, à Paris, le 13 octobre 2016. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Pollution de l'air : "Il faut des restrictions plus fortes en matière de transport"

Les mesures anti-pollution, comme la circulation alternée instaurée jeudi 22 juin à Paris, sont trop timides. L'analyse est dispensée par plusieurs associations de défense de l'environnement. Dès 2015, Les Amis de la Terre ont déposé une requête pour faire respecter les engagements de la France sur la qualité de l'air. Mercredi 21 juin, le rapporteur public a proposé au Conseil d'État de contraindre l'État français à respecter ses engagements européens. Selon l'avocat, Louis Cofflard, représentant de l'antenne parisienne de l'association Les Amis de la Terre, la France doit notamment imposer des mesures plus restrictives en matière de transport.

franceinfo : Qu'attendez-vous précisément de l'État français ?

Louis Cofflard : Que l'État prenne ses responsabilités. Une directive européenne préconise aux États-membres, dont la France, d'établir des plans pour atteindre des objectifs en matière de qualité de l'air. Il s'agit du respect de valeurs limites. Cela signifie prendre des mesures pour permettre que les concentrations de polluants réglementés restent inférieures à des seuils au-delà desquels l'Organisation mondiale de la santé considère qu'il y a un risque d'atteinte à la santé publique.

Quelles sont les mesures qui ne sont pas respectées en France ? Quelles mesures faut-il prendre ?

Les mesures peuvent être variées puisqu'il y a quatre sources de pollution. Il s'agit de l'industrie, l'agriculture, le résidentiel tertiaire et les transports. Nous attendons de la part de l'État des restrictions beaucoup plus fortes en matière de transport, notamment sur la réduction du trafic automobile. Les zones de restriction sont beaucoup trop peu nombreuses et beaucoup trop faibles. La responsabilité de l'État aujourd'hui est d'atteindre les objectifs préconisés par la directive, que ce soit en agissant sur le transport, l'industrie et l'agriculture.

L'État français a-t-il pris conscience de ce qu'il faut faire ?

Tout a été déterminant à l'audience, mercredi 21 juin. Après avoir essuyé des refus jusqu'en 2015, nous avons décidé de faire un recours au niveau national pour dénoncer la violation permanente de la directive sur la qualité de l'air. L'État sera obligé de s'y tenir si le Conseil d'État lui enjoint de transmettre des plans qui soient conformes à la directive.

"Nous attendons de la part de l'État des restrictions beaucoup plus fortes en matière de transport, notamment sur la réduction du trafic automobile", Louis Cofflard
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