Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, le 5 juillet 2015 aux rencontres économiques d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).
Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, le 5 juillet 2015 aux rencontres économiques d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). (MAXPPP)

Macron, plus royaliste que socialiste ?

Il est décidément inclassable. Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, victime d'un procès en libéralisme à son arrivée au gouvernement, serait-il royaliste ? Dans un entretien à l'hebdomadaire Le 1 (article payant), l'ex-banquier d'affaires fait en tout cas des déclarations qui devraient apporter de l'eau au moulin de ses détracteurs.

"La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude car elle ne se suffit pas à elle-même", juge celui qui a conseillé François Hollande à l'Elysée, avant d'entrer au gouvernement. "Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n'est plus là !", poursuit le ministre.

"Un siège vide au cœur de la vie politique"

"On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d'y placer d'autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l'espace", analyse Emmanuel Macron.

A ses yeux, le président tel que l'a établi la Ve République, n'a rien d'un monarque, comme l'estiment certains observateurs de la vie politique. "On le voit bien avec l'interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant, ce qu'on attend du président de la République, c'est qu'il occupe cette fonction. Tout s'est construit sur ce malentendu."