Les membres du Raid, le 18 avril 2017 à Marseille (Bouches-du-Rhône), après l\'arrestation des deux suspects.
Les membres du Raid, le 18 avril 2017 à Marseille (Bouches-du-Rhône), après l'arrestation des deux suspects. (BORIS HORVAT / AFP)

Attentat déjoué visant la présidentielle : quelles étaient les cibles potentielles

Pour le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl, les deux hommes arrêtés à Marseille (Bouches-du-Rhône) "avaient l'intention de commettre à très court terme, c'est-à-dire dans les tout prochains jours, un attentat sur le sol français". Et selon une source proche de l'enquête à l'AFP, ils cherchaient à "impacter" la campagne présidentielle, même si aucun projet précis ciblant un candidat n'a été identifié à ce stade. Franceinfo fait le point sur ce que l'on sait de cette menace.

François Fillon sous haute protection

A l'heure actuelle, au moins deux candidats, dont François Fillon, étaient visés par les deux hommes arrêtés à Marseille, selon des informations recueillies par franceinfo. L'entourage de François Fillon, qui a tenu un meeting à Marseille le 11 avril, a confirmé qu'il avait bien été informé "de risques avérés" le concernant. Une de ses porte-parole, Valérie Boyer, a déclaré à BFM TV qu'il était visé en raison de ses prises de position contre le "totalitarisme islamique". Selon un journaliste de LCI, il est le seul candidat à avoir été prévenu de la menace par le ministre de l'Intérieur. 

Un photomontage montrant l'un des deux hommes avec Le Monde du 16 mars, où figurait le candidat de la droite et du centre à la une, ainsi qu'un fusil-mitrailleur Uzi et une inscription en arabe signifiant "loi du talion" a été découvert par les enquêteurs, selon une source proche de l'enquête.

Le candidat LR est protégé en permanence par six officiers de sécurité, dont des tireurs d'élite. Un journaliste de franceinfo précise que les services de sécurité lui ont même demandé de porter un gilet pare-balles lors de son intervention à Nice (Alpes-Maritimes). 

"La démocratie ne doit pas plier devant les menaces et les intimidations des terroristes. La campagne doit continuer jusqu'au bout", a réagi François Fillon dans un communiqué. "Cela ne me fera pas reculer d'un centimètre", a réagi le candidat lors d'une visite à Calais (Pas-de-Calais). 

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Emmanuel Macron prévenu...

Les photos des suspects avaient été communiquées à l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron. "Nous sommes en plein état d'urgence et, à l'approche du scrutin, nous ne sommes pas surpris qu'il existe une telle menace et cela ne change rien à la fin de la campagne", a commenté à franceinfo l'entourage du candidat d'En marche !. En déplacement à Bazainville dans les Yvelines, il s'est refusé à commenter les informations du ministère de l'Intérieur. "Je veux continuer à aller au contact et à me déplacer", a-t-il expliqué. 

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En mars dernier, le JDD révélait qu'un individu avait été arrêté pour avoir adressé des menaces de mort au candidat. Une plainte avait été déposée après la réception, en février, à son QG, d'une enveloppe pleine de poudre blanche, ressemblante à de l'anthrax.

... tout comme Marine Le Pen

Tout comme celle d'Emmanuel Macron, l'équipe de campagne de la candidate du Front national avait été prévenue du risque et les photos des deux suspects leur avaient été communiquées. La candidate n'a, pour l'heure, qu'un seul meeting au programme, prévu mercredi 19 avril, à Marseille justement. "Le fait que les deux individus aient été interpellés à Marseille alors que Marine Le Pen y tient un meeting le lendemain n'est peut-être pas un hasard", a commenté auprès de l'AFP l'entourage de la candidate du Front national, en soulignant que l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) avait "fait d'elle la candidate à faire battre".