Des personnes prennent part, samedi 2 septembre 2017, à une recherche citoyenne pour tenter de retrouver Maëlys, une fillette de 9 ans qui a disparu dans la nuit du 26 au 27 août à Pont-de-Beauvoisin (Isère). 
Des personnes prennent part, samedi 2 septembre 2017, à une recherche citoyenne pour tenter de retrouver Maëlys, une fillette de 9 ans qui a disparu dans la nuit du 26 au 27 août à Pont-de-Beauvoisin (Isère).  (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Disparition de Maëlys : ce que l'on sait du suspect mis en examen

Nouveau tournant dans l'enquête sur la disparition de la petite Maëlys, dans la nuit du 26 au 27 août à Pont-de-Beauvoisin (Isère). Un homme a été placé en garde à vue et mis en examen dimanche 3 septembre, a annoncé un communiqué du parquet de Grenoble (Isère).

Une trace ADN de la fillette a été retrouvée sur des scellés en lien avec cet homme, qui est l'un des deux suspects placés en garde à vue puis relâchés la semaine dernière. Franceinfo revient sur ce que l'on sait de cet individu et de sa mise en examen.

Une trace d'ADN de Maëlys retrouvée dans sa voiture

Selon Bernard Méraud, l'avocat du suspect, les enquêteurs ont retrouvé une trace d'ADN de la fillette sur "un élément de commande du tableau de bord" de la voiture de l'homme mis en examen dimanche. Le trentenaire avait lavé sa voiture après le mariage, ce qui avait retenu l'attention des enquêteurs.

Interrogé dimanche au sujet de la présence d'ADN, l'homme n'avait pas été en mesure de l'expliquer, précise Le Parisien. Lundi, il a "déclaré que la fillette était entrée dans le véhicule avec un petit garçon, sur la banquette arrière, pour voir si son chien [celui du suspect] était dans le coffre", a indiqué son avocat, Bernard Méraud à l'AFP. Interrogé par franceinfo lundi, Me Méraud a précisé que le suspect a "reconnu avoir eu un contact avec la fillette, comme des tas de gens lors de cette soirée". "Il était à côté de son véhicule en train de fumer et deux enfants, dont Maëlys, sont venus pour voir s'il avait ses chiens dans son véhicule", a-t-il ajouté. Les deux enfants sont ensuite montés sur la banquette arrière de la voiture, selon Bernard Méraud, "et sont ressortis"

L'avocat a toutefois tenu à nuancer la découverte de cette trace ADN. "Il y a une très infime possibilité pour que cela ne soit pas l'ADN" de Maëlys, a-t-il déclaré. Cette unique trace, parmi de très nombreux prélèvements effectués, était "mélangée avec l'ADN de mon client" mais il ne faut pas écarter l'éventualité d'un "transfert d'ADN", a expliqué Me Méraud. Autrement dit, la trace pourrait avoir été déposée par un tiers sur cet élément de commande du tableau de bord, un endroit pas "très compatible" avec une présence éventuelle de Maëlys, estime Me Méraud.

Il est connu pour des infractions de droit commun

D'après les informations du parquet de Grenoble, le suspect mis en examen dimanche est l'un des deux hommes de 34 ans déjà placés en garde à vue dans le cadre de l'enquête, puis remis en liberté vendredi matin. L'AFP précise qu'il s'agit du premier homme interpellé jeudi, à Domessin (Savoie), près du département de l'Isère. 

Selon les informations de France 3, il s'agit d'un ancien militaire qui vit aujourd'hui de petits boulots. Passionné de chevaux et de chiens, il aurait monté une petite affaire d'éducateur canin à domicile. Selon son avocat, il ne travaillait pas ces derniers temps pour cause d'arrêt maladie et résidait chez ses parents. Selon une source proche du dossier, citée par l'AFP, l'homme est aussi connu pour des infractions de droit commun, liées notamment aux stupéfiants.  

Il est arrivé tard à la soirée de mariage

Ce suspect était présent au mariage lors duquel Maëlys, 9 ans, a disparu. Il est une connaissance du marié et du père de la fillette, et est arrivé tard à la soirée de mariage. Son avocat, interrogé par franceinfo, affirme qu'il était invité à l'apéritif et qu'il est ensuite revenu en deuxième partie de soirée. L'homme avait été placé en garde à vue du fait d'incohérences et d'inexactitudes dans ses premières déclarations.

Il présentait des griffures au bras et au genou

Lors de sa première interpellation, le suspect présentait une griffure au bras et une au genou, qu'il a justifiée par du jardinage au "milieu de framboisiers", selon LCI. Dimanche, les résultats de la police technique et scientifique "ont déterminé les juges d’instruction et les enquêteurs à interpeller de nouveau" cet homme, a précisé le parquet. 

"Il a persisté dans ses dénégations et apporté ses explications", qui "n'ont pas convaincu les juges d'instruction", a ajouté le procureur de la République. Ces derniers ont ainsi "décidé de le mettre en examen du chef d’arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire de mineur de 15 ans". Le parquet a ensuite décidé de le placer en détention provisoire. 

Les juges doivent désormais reprendre une par une les déclarations du trentenaire, explique Le Parisien. Ils vont ensuite utiliser ses différents téléphones pour mieux retracer ses déplacements lors de la soirée du mariage – et en début de semaine dernière. Les fouilles vont également se poursuivre dans les lieux qu'il fréquentait. La mère de cet homme, interrogée par RTL lundi matin, a assuré qu'"à aucun moment il pourrait faire une chose pareille". "C'est un garçon gentil qui ne ferait pas de mal à personne (...) Il m'a juré qu'il n'y était pour rien", a-t-elle confié.

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