François Hollande a rencontré le jeune Théo à l\'hôpital d\'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le 7 février 2017. 
François Hollande a rencontré le jeune Théo à l'hôpital d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le 7 février 2017.  (MAXPPP)

Quatre mois après sa violente interpellation, Théo se sent "comme sur un parking, en attente"

"Depuis quatre mois, je ne dors plus que par tranche de vingt à trente minutes. Je ne peux plus faire grand-chose." C'est ainsi que Théo évoque son quotidien, quatre mois après sa violente interpellation par des policiers à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le 2 février dernier. Le jeune homme de 22 ans s'exprime en longueur dans L'Obs, samedi 17 juin.

Encore convalescent et marqué par cet épisode, il n'a pas pu reprendre le sport, qui occupait une place importante dans sa vie d'avant. "Le foot était la passion de ma vie. J’ai tenté d’en refaire, mais ma blessure me tirait trop et m’a fait souffrir au bout de quelques minutes à peine."

J’ai essayé de remonter sur mon vélo, mais j’ai eu trop mal.

Théo

L'Obs

"Que les quatre policiers soient condamnés"

Aujourd'hui, il se sent "comme sur un parking, en attente", sans "aucun projet." Il raconte être retourné sur les lieux de l'interpellation, mais la présence de policiers lui fait toujours ressentir une "petite décharge". 

Le jeune homme dit attendre beaucoup de la justice française : "Je veux aujourd’hui que les quatre policiers qui m’ont torturé, battu, insulté, enfoncé une matraque dans les fesses, soient condamnés pour les actes barbares qu’ils m’ont fait subir", "je veux que cette affaire ait un sens.". Sinon, "qu’on ne vienne plus me parler d’un pays des droits de l’homme."

De leur côté, les policiers donnent une toute autre version : ils nient avoir volontairement enfoncé la matraque, affirment que Théo a lui-même donné un coup de poing à l'un des agents avant qu'ils ne soient obligés de le maîtriser et expliquent que Théo les a insultés et s'est interposé alors qu'ils procédaient à l'interpellation d'un dealer. Les quatre policiers restent pour le moment suspendus et ont été mis en examen par la justice.