La rue de Vaucouleurs, dans le 11e arrondissement de Paris, où s\'est produit le meurtre de Sarah Halimi, une retraitée juive, la nuit du 3 au 4 avril 2017.
La rue de Vaucouleurs, dans le 11e arrondissement de Paris, où s'est produit le meurtre de Sarah Halimi, une retraitée juive, la nuit du 3 au 4 avril 2017. (Catherine Fournier / Franceinfo)

Meurtre de Sarah Halimi : le suspect peut être jugé devant une cour d'assises, selon l'expertise psychiatrique

Kobili Traoré est accessible à une sanction pénale. C'est l'avis de l'expert-psychiatre qui a rendu son rapport très attendu dans l'affaire du meurtre de Sarah Halimi, a appris franceinfo, mercredi 13 septembre, auprès d'une source judiciaire et de l'un des avocats de la partie civile, Jean-Alex Buchinger, confirmant une information du Figaro. Le docteur Daniel Zagury conclut à une altération du discernement du principal suspect, et non à une abolition. En cause, selon l'expert, "l'augmentation de la consommation de cannabis", qui a favorisé une "bouffée délirante aiguë" au moment du passage à l'acte, mais qui rend cet homme de 27 ans partiellement responsable de son geste. 

L'expert ajoute que "l'hypothèse d'une intention terroriste n'est en rien confirmée"

Sarah Halimi, une retraitée de 65 ans de confession juive, a été sauvagement tuée par cet homme, en avril dernier, dans le 11e arrondissement de Paris. Les deux étaient voisins. Selon plusieurs témoins, le trentenaire a crié à plusieurs reprises "Allah Akbar"" au moment des faits. 

Un fait divers devenu affaire d'Etat

Dans cette affaire survenue en pleine élection présidentielle, la circonstance aggravante d'"antisémitisme" n'a, pour l'instant, pas été retenue par la justice. Un "déni" dénoncé par les avocats des parties civiles, la communauté juive et plusieurs intellectuels et artistes. Au gré des semaines, le fait divers s'est mué en affaire d'Etat, jusqu'à l'intervention du président de la République qui a, le 16 juillet, demandé aux juges de "faire toute la clarté" sur ce meurtre.

Concernant la qualification du meurtre, Daniel Zagury souligne qu'une "bouffée délirante aiguë n'est pas incompatible avec une dimension antisémite", mais que les témoignages "ne confirment pas l'existence chez Kobili Traoré d'un antisémitisme habituel"

"Déchaînement frénétique haineux et vengeur"

"Sarah Halimi n'a peut-être pas été délibérément recherchée et tuée parce que juive, mais le fait que Kobili Traoré réalise qu'elle l'était à l'entrée de l'appartement s'est télescopé avec la thématique délirante, l'associant immédiatement au diable et amplifiant le déchaînement frénétique haineux et vengeur", conclut l'expert.

Si les magistrats s'en tiennent à ces conclusions, "ils peuvent renvoyer Kobili Traoré devant une cour d'assises", se félicite Jean-Alex Buchinger. L'avocat indique toutefois qu'il va demander une contre-expertise. Selon lui, la consommation de cannabis par Kobili Traoré le jour du meurtre a été surévaluée. 

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