Le siège d\'Ipsos à Paris.
Le siège d'Ipsos à Paris. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Premier tour de la présidentielle : "Nous ne serons peut-être pas en mesure, à 20 heures, de donner le nom du premier et du second", estime le sondeur Ipsos

Le premier tour de l'élection présidentielle, le 23 avril 2017, marquera la fin d'une campagne atypique où les écarts entre les principaux candidats se sont resserrés dans les enquêtes d'opinion. Les instituts de sondage, qui vont donner les premières estimations dimanche soir, ont pris en compte ce paramètre, à l'image de l'institut Ipsos, partenaire de franceinfo pour la soirée électorale. Stéphane Zumsteeg, le directeur du département opinion de l'institut, a assuré mardi sur franceinfo que l'objectif "reste d'être en mesure de communiquer les deux finalistes" mais que, si "l'incertitude est totale, nous le dirons aussi à 20 heures."

franceinfo : Aurons-nous le nom des deux finalistes à 20 heures, dimanche sur franceinfo ?

Stéphane Zumsteeg : Notre objectif reste d'être en mesure de communiquer les deux finalistes. Mais la situation est plus compliquée que par le passé. C'est une situation totalement inédite avec quatre candidats qui sont au coude à coude. On peut imaginer que ce sera très serré pour la première et la deuxième place mais les choses peuvent se décanter dans le courant de la semaine. Des candidats vont peut-être baisser de manière significative. Et puis, la loi a changé. Désormais, les premiers bureaux de vote ferment à 19 heures et d'autres à 20 heures. Avant, c'était 18 heures et, pour les grandes villes, 20 heures. C'est plus compliqué pour nous car nous aurons une heure de moins pour analyser les remontées de nos bureaux de vote tests. C'est jouable. Notre objectif c'est d'être en mesure de le faire. Si les résultats sont extrêmement serrés et que cela se joue à quelques dizaines ou centaines de milliers de voix, nous ne serons peut-être pas en mesure, à 20 heures, de donner le nom du premier et du second. Ce n'est pas irréaliste.

Vous ne donnerez les résultats que si vous en êtes certain. On peut donc s'attendre à des résultats fiables ?

Les estimations n'ont rien à voir avec un sondage. Elles se fondent sur des données objectives, sur les résultats que nous aurons observés dans les bureaux de vote. Nous avons sélectionné 500 bureaux de vote en France. Dans chacun des bureaux, notre correspondant notera les résultats à partir du moment où les premiers scrutins seront dépouillés. Donc, on se fonde vraiment sur la réalité de ces résultats. Après on calcule, c'est la cuisine interne, mais ce sont des estimations, cela n'a rien à voir avec un sondage.

Les résultats des grandes villes, où les bureaux ferment à 20 heures, ne changent-ils pas la donne ? 

Bien sûr que les grandes villes votent différemment des zones rurales, ça c'est un fait. Mais ce que nous avons toujours fait, tout au long des soirées électorales qui sont réalisées depuis plusieurs décennies, ce sont des modèles qui nous permettent, sur la base des bureaux qui ferment en premier, d'extrapoler et de calculer comment devraient voter les bureaux de vote de 20 heures. Après, si nous sommes dans l'incertitude totale, nous le dirons aussi à 20 heures.

Les favoris sont dans un mouchoir de poche. Est-ce que ce flou est inédit pour une présidentielle ?

Ce qui est inédit, c'est de se retrouver face à une configuration avec quatre candidats. Mais ce n'est pas inédit de voir que les écarts se resserrent, ça c'est assez traditionnel car les électorats se mobilisent de plus en plus et les candidats font le travail. L'indécision est propre au scrutin présidentiel mais là, c'est une campagne très particulière, très atypique des campagnes précédentes. Aujourd'hui, un tiers des gens déclarent être certains d'aller voter mais ne sont pas certains de leur choix. Ça, c'est effectivement inédit. On fait un métier passionnant mais compliqué, on a un certain nombre d'interrogations, mais on fait tout pour corriger ces biais.