Dans l\'hémicycle de l\'Assemblée nationale, à Paris, le 31 janvier 2017.
Dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, à Paris, le 31 janvier 2017. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Quels sont les groupes parlementaires qui composeront la nouvelle Assemblée nationale ?

Les tractations battent leur plein. Le nouveau découpage de l'Assemblée nationale se dessine, lundi 26 juin, à la veille de l'inscription des différents groupes parlementaires. Si le raz de marée de La République en marche a renouvelé les visages de l'Hémicycle, il bouscule également son organisation. Le Palais-Bourbon comptera sept groupes, un record depuis 1958, et un huitième pourrait même se constituer à la dernière minute, autour, notamment, de Manuel Valls. Franceinfo revient sur ces différents groupes.

Un groupe de Républicains "constructifs"

Le député des Républicains Thierrry Solère a annoncé, mercredi, depuis l'Assemblée nationale, la création d'un groupe parlementaire regroupant des élus des Républicains dits "constructifs", des députés UDI, ainsi que des indépendants. Ils pourraient être amenés à voter en faveur de certaines lois proposées par le gouvernement.

Nous avons la volonté de faire passer l'intérêt général avant tout. S'opposer sur tout est une logique qui n'est pas bonne pour le pays.

Thierry Solère

à l'Assemblée nationale

Une vingtaine de députés issus des Républicains se disent prêts à rejoindre ce groupe. Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, a précisé que "18 parlementaires" de son parti avaient l'intention de rejoindre cette formation. Il a évoqué la "volonté de construire un groupe le plus large possible", souhaitant devenir "la troisième force politique de l'Assemblée".

Au final, ce groupe, dont la constitution sera formalisée mardi, pourrait compter une cinquantaine de membres. Techniquement, ils seront inscrits comme un groupe d'opposition. Cela leur donnera davantage de moyens.

Un groupe de Républicains "historiques"

Ils sont au nombre de 94 et ont élu Christian Jacob à la tête de leur groupe. Le député-maire de Provins, en Seine-et-Marne, chef de file des Républicains depuis 2010, a été reconduit à ce poste par 62 voix, contre 32. "Notre groupe, réduit mais vivant, doit être le fer de lance de l'opposition que nous ne pouvons laisser ni à l'extrême gauche, ni à l'extrême droite", faisait valoir Christian Jacob.

Son adversaire pour la présidence du groupe, Damien Abad, élu dans l'Ain, âgé de 37 ans, est un ex-proche de Bruno Le Maire, désormais ministre de l'Economie. Il souhaitait incarner le renouveau et la ligne d'une droite "ni ralliée, ni dans une opposition frontale" face à la majorité d'Emmanuel Macron.

Un cadre des Républicains a relevé que les élus de droite qui ont rejoint le groupe dit des "constructifs" "sont ceux qui n'avaient pas de candidat La République en marche face à eux". Et de trancher :

Mieux vaut amputer avant que la gangrène se développe.

Un cadre des Républicains

à l'AFP

Un groupe de communistes

André Chassaigne, président sortant des députés du Front de gauche, a annoncé que les élus PCF auront leur propre groupe au Palais-Bourbon, dont il sera le président. Dans le détail, il compte 11 députés communistes et 4 ultramarins, qui ont été réélus. La création de ce groupe signifie qu'ils ne rejoindront pas celui de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Mais les communistes "n'opposent pas ce groupe aux 'insoumis'", a souligné le député du Puy-de-Dôme.

Alors que les relations entre les communistes et La France insoumise sont extrêmement tendues, André Chassaigne a affiché "une volonté farouche" de travailler avec les "insoumis". Il a assuré que "deux groupes avec des espaces communs auront plus d'efficacité". Une rencontre avec les députés de La France insoumise est prévue jeudi pour "discuter des moyens de travailler ensemble", selon lui.

Un groupe de La France insoumise

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon dispose de 17 sièges. Et ses leaders ont rappelé, dès le lendemain de l'élection, qu'ils étaient assez nombreux pour constituer un groupe autonome, sans partenaires communistes, appelant à un "groupe clair et cohérent". Il sera sans doute présidé par Jean-Luc Mélenchon. Et pour un de ses membres, Eric Coquerel, il sera peut-être le seul "dont tous les membres votent contre la confiance" au gouvernement.

Un groupe MoDem

Le parti centriste, présidé par François Bayrou, compte 45 députés. Si le nombre de députés au sein de ce groupe demeure incertain, le maire de Pau n'a pas caché une certaine fierté. C'est "le troisième groupe de l'Assemblée nationale", a-t-il, lors de sa conférence de presse détaillant les raisons de son départ du gouvernement.

Quand Marielle de Sarnez, éphémère ministre des Affaires européennes, a également quitté le gouvernement car elle était susceptible d'être inquiétée par la justice dans l'affaire des assistants parlementaires du MoDem, elle était fortement pressentie pour prendre la tête du groupe. Mais elle y a finalement renoncé, au profit du député du Loir-et-Cher Marc Fesneau, et briguera plutôt la présidence d'une commission.

Un groupe La République en marche

Le mouvement lancé par Emmanuel Macron peut revendiquer 308 députés. Embourbé dans une affaire immobilière remontant à début 2011, Richard Ferrand, ancien ministre de la Cohésion des territoires, a quitté le gouvernement pour prendre la présidence de ce groupe, où il a été élu en étant le seul candidat.

"Evidemment qu'on ne sera pas dans une obéissance au doigt et à l'œil, on ne sera pas non plus dans le grand n'importe quoi", a déclaré sur BFMTV le nouveau député et mathématicien Cédric Villani. "On va réfléchir ensemble avec notre liberté de penser, en cherchant, au vu de ce que je connais, des orientations politiques que souhaitent les Françaises et les Français, au vu de ce qui nous semble être le meilleur, à ce qu'on va voter", a-t-il assuré.

Un groupe socialiste

Laminé, le Parti socialiste ne compte plus que 29 députés. Mais le nombre exact ne sera connu qu'à l'issue de la déclaration officielle des groupes mardi. Olivier Faure, le député de Seine-et-Marne qui présidait déjà le groupe depuis fin 2016, a été largement réélu, sa collègue des Deux-Sèvres Delphine Batho ne récoltant que trois voix.

Un possible groupe de "progressistes" de gauche

Un dernier groupe pourrait créer la surprise lors de l'inscription officielle des groupes, mardi. Selon Le Parisien, des députés issus de plusieurs formations du centre-gauche pourraient s'agréger pour former un groupe de "progressistes". "Nous voulons être le troisième pilier de cette majorité, avec La République en marche, le MoDem au centre-droit et nous au centre-gauche", explique le député divers gauche Olivier Falorni, à l'origine de cette initiative avec la présidente du Parti radical de gauche, Sylvia Pinel, et François-Michel Lambert, ancien d'EELV élu sous l'étiquette La République en marche. 

C'est ce groupe qui, s'il se constitue, offrira un refuge à Manuel Valls, même s'il n'en brigue pas la présidence, affirme un député au Parisien. Au total, Olivier Falorni espère "une vingtaine" de députés : des divers gauche, d'anciens écologistes, des radicaux de gauche, des représentants de petits courants minoritaires au PS... Ils espèrent même le ralliement de membres du Parti radical, la formation de centre-droit de Jean-Louis Borloo, aujourd'hui dirigée par le député Yves Jégo. S'ils réussissent à s'allier, l'Assemblée compterait huit groupes, du jamais-vu depuis la IIIe République.

De son côté, le Front national, qui compte 8 députés, a aussi exprimé son espoir de constituer un groupe, en convainquant des élus sensibles à ses idées, notamment chez les différents députés autonomistes d'outre-mer. Mais il ne devrait pas atteindre la barre des 15 députés dès mardi.

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