Elections sénatoriales 2017

La nouvelle composition du Sénat sera connue le 24 septembre 2017 au soir, au terme d'un scrutin qui se sera déroulé sur une seule journée, et auquel ne peuvent participer que les "grands électeurs". Ne pourront ainsi élire les sénateurs de métropole et d'outre-mer que les conseillers départementaux, conseillers régionaux élus dans le département, députés, sénateurs et délégués des conseils municipaux. Cette année, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 76 359 "grands électeurs" pourront ainsi prendre part au vote.

Jusqu’en 2004, les sénateurs étaient élus pour neuf ans et le Sénat renouvelé par tiers tous les trois ans. Désormais, le mandat dure six ans et le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans. En septembre 2017, 170 des 348 sièges sont renouvelés, dans 38 départements métropolitains, quatre départements d'outre-mer et deux collectivités d'outre-mer. Six des douze sénateurs représentant les Français établis à l’étranger sont aussi renouvelés.

Les enjeux des élections sénatoriales 2017

Hasard du calendrier, ces élections sénatoriales interviennent un peu plus de quatre mois après l'arrivée d'Emmanuel Macron à la présidence de la République, et constituent à ce titre un premier test électoral pour le nouveau chef de l'Etat depuis les législatives de juin, remportées haut la main par son parti. "L'enjeu n’est pas négligeable. Est-ce que La République en marche ! va étendre son influence dans la seconde chambre parlementaire ? Emmanuel Macron et son gouvernement pourront-ils s’y appuyer sur une majorité présidentielle ou devront-ils composer avec des majorités de projet ? Le président de la République pourra-t-il mener à bien ses projets de révision constitutionnelle et compter sur une majorité qualifiée au Congrès ? A qui reviendra la présidence du Sénat ?", énumère Le Monde.

Les Républicains détiennent avec leurs alliés de l'Union centriste pas moins de 184 sièges, soit une large majorité au Sénat. Le Parti socialiste, lui, ne compte plus que 86 membres, depuis que plusieurs élus ont décidé de partir et former un nouveau groupe La République en marche ! (LREM) en soutien à l'action d'Emmanuel Macron. Ce groupe, présidé par le sénateur François Patriat, compte 29 membres.

Si La République en marche a obtenu la majorité absolue à l'Assemblée nationale lors des élections législatives des 11 et 18 juin 2017, il apparaît impossible qu'il en soit de même au Sénat. D'une part, en raison du mode de scrutin, avec le renouvellement de la moitié seulement de l'hémicycle. D'autre part, en raison de la composition du collège électoral, les élus locaux étant théoriquement plus favorables à la droite et au centre-droit, et LREM ayant encore peu d'élus locaux en raison de sa jeune histoire. "Ce n'est pas une élection facile pour La République en marche", a averti début août François Patriat, pronostiquant que Les Républicains resteraient majoritaires, mais espérant que les élus macronistes constitueraient le "deuxième groupe".

Selon une étude réalisée fin juillet par Le Monde et l'Observatoire de la vie politique et parlementaire, le parti d'Emmanuel Macron pourrait réaliser une forte poussée, en comptant à l'issue des élections sénatoriales entre 74 et 79 sièges au palais du Luxembourg. LREM serait ainsi la deuxième force au Sénat, derrière Les Républicains, qui ne compteraient plus qu'entre 128 et 133 sénateurs, soit 9 à 14 de moins qu'actuellement. Toujours d'après cette étude, le Parti socialiste perdrait 23 à 28 sièges, et n'aurait plus que 58 à 63 sénateurs. Quant aux élus du Parti communiste et de La France insoumise, ils ne devraient pas réussir à conserver leur groupe parlementaire.

"Le problème, alors, est de dégager une majorité. Car, outre le groupe LREM, l’exécutif peut compter des soutiens également dans le groupe Union centriste, notamment avec le MoDem, membre de la majorité présidentielle. Mais aussi au RDSE [Rassemblement démocratique et social européen], puisque les radicaux de gauche participent au gouvernement, et même dans les rangs du groupe socialiste, dont certains membres sont ouvertement 'Macron-compatibles'. Dans l’hypothèse la plus haute, cet éventail peut rassembler jusqu’à 135 voix. Pas suffisant pour former une majorité, mais cela prive la droite de sa majorité sénatoriale. Il va donc falloir trouver des compromis, à la mode sénatoriale", résume Le Monde.

De quoi pimenter l'élection pour la présidence du Sénat, fixée au lundi 2 octobre, soit huit jours après le scrutin. L'actuel président du Sénat, Gérard Larcher, avait été élu le 1er octobre 2014 pour un mandat de trois ans. Le sénateur des Yvelines, qui avait déjà présidé la chambre haute entre 2008 et 2011, est candidat à sa propre succession.

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