Election Présidentielle 2017

L'élection du président de la République a lieu les 23 avril et 7 mai 2017. Il s’agit du onzième scrutin présidentiel de l’histoire de la Vème république, le dixième au suffrage universel direct. Le candidat vainqueur est élu à la majorité des suffrages exprimés. Si cette majorité ne se dégage pas au premier tour, il est procédé à un second tour auquel ne participent que les candidats arrivés en première et deuxième positions lors du premier tour. Le scrutin a lieu en métropole et dans l’ensemble des collectivités d’Outre-mer. Les bureaux de vote ouvrent à 8 heures du matin et ferment à 19 heures. Le candidat élu lors de cette élection présidentielle 2017 est désigné pour un mandat de cinq années à la présidence de la République.

Les conditions de participation au scrutin sont identiques à celles des autres élections départementales, régionales ou nationales : pour être électeur à la présidentielle 2017, il faut être âgé de 18 ans ou plus au jour de l’élection, posséder la nationalité française, jouir de ses droits civils et politiques et enfin être inscrit sur les listes électorales. De façon pratique, une inscription sur les listes électorales doit être réalisée au plus tard le 31 décembre 2016 afin de voter lors de l’élection présidentielle.

Pour être candidat à la présidentielle 2017, en revanche, un délai plus large est ouvert : la date-limite de dépôt des candidatures est fixée au 17 mars 2017. Tout candidat remplit les conditions de participation au scrutin exigées de tout électeur. En outre, il établit une déclaration de situation patrimoniale et ouvre un compte bancaire de campagne. Enfin, il détient au moins cinq cent lettres de « parrainage », qui sont des présentations du candidat adressées au Conseil Constitutionnel chargé de veiller sur la régularité du scrutin et de se prononcer sur les éventuelles réclamations.

Les personnes habilitées à parrainer des candidats sont des élus appartenant à un large éventail de corps intermédiaires ou d’exécutifs locaux, régionaux et nationaux. On y trouve en effet : membres du parlement ; ressortissants français membres du Parlement européen élus en France ; membres des Conseils régionaux et de l’Assemblée de Corse ; membres de Conseils départementaux, du Conseil de la métropole de Lyon, des Assemblées de Guyane et de Martinique ; membres des conseils territoriaux de Saint-Barthélémy, de Saint-Martin, et de Saint-Pierre-et-Miquelon ; membres de l’assemblée de la Polynésie française et président de la Polynésie française ; membres des assemblées de provinces de la Nouvelle-Calédonie et président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ; membres de l’assemblée territoriale des îles Wallis et Futuna ; membres du Conseil de Paris ; maires, maires délégués des communes déléguées et des communes associées, maires des arrondissements de Paris, Lyon et Marseille ; présidents des organes délibérants des métropoles, des communautés urbaines, des communautés d'agglomération, des communautés de communes ; conseillers à l’Assemblée des Français de l’étranger.

Une double règle est établie afin d’élargir l’assise géographique des parrainages. D’une part, un candidat dont la candidature est validée par le Conseil constitutionnel possède des parrainages issus d’au moins trente départements ou collectivités d’Outre-mer ; d’autre part, les élus d’un département ou d’une collectivité d’Outre-mer ne peuvent apporter plus du dixième de l’ensemble des parrainages d’un candidat. Pour la première fois, lors de la présidentielle 2017, l’ensemble des parrainages de candidats sont rendus publics par le Conseil constitutionnel, au fur et à mesure de leur validation.

Le contexte de l’élection présidentielle 2017 est inédit. Des attentats terroristes répétés, une crise migratoire affectant l’ensemble de l’Europe, la persistance du chômage, un débat récurrent sur la laïcité et les conséquences des scrutins ayant décidé du Brexit au Royaume-Uni et de l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis forment, au moment de cette élection, un cadre peu propice à la convivialité citoyenne. Le quinquennat du président sortant, François Hollande, est marqué par une impopularité sans précédent d’un chef de l’état dans l’histoire de la cinquième République. La fragmentation des électorats ayant appuyé par le passé les grandes formations de la droite et de la gauche et les succès électoraux répétés du Front National complètent ce paysage politique qui fragilise le schéma de l’alternance traditionnelle où deux forces majoritaires se relaient au pouvoir.

La campagne électorale officielle se déroule durant les deux semaines précédant le premier tour du scrutin. Dans  les faits, les manœuvres et les débats politiques courent sur bien plus d’un semestre dans un calendrier occupé par des processus divers de déclarations ou de sélections des candidatures. 


Comme lors de chaque scrutin présidentiel, les annonces de candidatures se sont multipliées. Plus de quatre-vingt personnes ont affirmé vouloir devenir chef de l’Etat. De l'extrême gauche à l'extrême droite, toutes les tendances politiques étaient représentées. Le plus jeune des postulants avait 22 ans, le plus âgé 78. Au terme de ce marathon médiatique et, plus important, de la quête des cinq cent parrainages, le Conseil constitutionnel a validé onze candidatures pour l’élection présidentielle : Nathalie Arthaud pour Lutte ouvrière ; François Asselineau pour l’Union populaire républicaine ; Jacques Cheminade pour Solidarité et progrès ; Nicolas Dupont-Aignan pour Debout la France ; François Fillon pour Les républicains ; Benoît Hamon pour le Parti socialiste  Jean Lasalle pour Résistons ! ; Marine Le Pen pour le Front national ; Emmanuel Macron pour le mouvement En marche ! ; Jean-Luc Mélenchon pour la France insoumise et Philippe Poutou pour le Nouveau parti anticapitaliste.

Avant même la tenue des primaires de la droite et de la gauche, cinq candidats ayant participé à l’élection présidentielle de 2012 étaient déjà en campagne : Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud. Par leur expérience et celles de leur organisation, ils ont pu recueillir les cinq cent parrainages. Pour François Asselineau, Jacques Cheminade et Jean Lasalle, il a fallu attendre les tous derniers jours de la collecte pour s’assurer d’une position équivalente.

Présidente du Front National et députée européenne, Marine Le Pen est donnée par presque tous les sondages comme la candidate devant arriver en tête à l’issue du premier tour de la présidentielle 2017. S’appuyant sur le premier tour des résultats des élections municipales, départementales et régionales, elle revendique pour sa formation le titre de « premier parti de France ». Elle a annoncé elle-même sa volonté de se porter candidate pour l’élection au début de l’année 2016 et mène campagne sous le thème de « La France apaisée ».

Nicolas Dupont Aignan, président du parti Debout la France et qui siège à ce titre comme député non-inscrit à l’Assemblée nationale, est un gaulliste attaché à défendre des positions souverainistes. Il avait lui-même annoncé sa candidature dans les premiers mois de l’année 2016.

Jean-Luc Mélenchon est un député européen, fondateur du Parti de gauche qui a également annoncé lui-même sa candidature en se mettant sur les rangs dès l’été 2015. Cette démarche ne peut toutefois être similaire à celle de l’élection présidentielle précédente ou il était le candidat d’un Front de gauche agglomérant son parti et le Parti communiste français. Cette fois, sa candidature se veut « hors cadre de partis », portée par un mouvement créé dans la perspective de l’élection, « La France insoumise ». Il a reçu le soutien du Front de gauche, de divers mouvements politiques de gauche et du Parti communiste.

Philippe Poutou, pour le Nouveau parti anticapitaliste et Nathalie Arthaud pour Lutte Ouvrière sont pour leur part des représentants de formations d’extrême-gauche qui les ont désignés comme candidats pour la présidentielle 2017 et espèrent s’appuyer sur l’expérience de leur participation au scrutin précédent.

Emmanuel Macron, qui est mentionné dans de nombreux sondages d’opinion comme un possible finaliste aux côtés de Marine Le Pen, est pour sa part un candidat qui n’a jamais participé à une élection. Il a servi le président François Hollande comme secrétaire général-adjoint de la présidence puis comme ministre des finances, paraît également tenté par la participation à la présidentielle 2017. Il a démissionné du gouvernement en août 2016, en ayant au préalable créé un mouvement politique, En Marche !. Sa démarche se réclame d’une réflexion et d’un positionnement qui se veulent « ni de droite, ni de gauche » même s’il affirme, à titre personnel, être un homme de gauche.

En marche ! revendique près de 200.000 adhérents séduits par le cheminement d’Emmanuel Macron qui a avancé selon un tryptique : enquête sur l’état de la France, puis expression d’un diagnostic et enfin proposition de solutions rassemblées dans ce qu’il nomme une vision. Avant même qu’il n’officialise sa candidature, des responsables socialistes ont indiqué leur volonté de se rallier à sa démarche tandis que d’autres ont jugé sa démarche comme procédant d’une forme de trahison d’un exécutif où il a agi durant près de quatre ans. Le leader du Modem François Bayrou s’est rallié pour sa part à la candidature d’Emmanuel Macron dans le cadre d’une alliance.

Pour la présidentielle 2017, les règles applicables aux temps de parole dans les médias audio-visuels ont été modifiées. Le principe d’égalité qui était jusque là la référence cède la place à un principe d’équité durant les deux semaines qui séparent la publication de la liste des candidats par le Conseil constitutionnel et le début de la campagne électorale officielle. Selon ce principe d’équité, le temps de parole accordé à chaque candidat dans les médias doit être proportionnel à la représentativité des candidats. Cette norme nouvelle, votée dans le cadre d’une loi, est dénoncée par les « petits candidats » qui y voient une volonté des grandes formations politiques de les faire taire.

La représentativité est déterminée par trois éléments : les résultats obtenus aux élections précédentes par les candidats ou leurs formations ; la contribution du candidat à l’animation du débat électoral ; les indications des sondages d’opinion.

Durant la campagne électorale elle-même, soit dans les quinze jours précédents le premier tour, la règle reste celle de l’égalité du temps de parole entre tous les candidats. Il appartient au Conseil supérieur de l’audio-visuel de veiller à l’application de ces normes.

La publication des sondages donne de plus en plus le tempo de la marche vers l’élection. Ils doivent être lus avec le plus grand soin en raison du contexte particulier posé par l’incertitude sur la participation du président sortant et le constat, lors des scrutins récents, que les forces traditionnelles de la gauche et de la droite, le Parti socialiste et Les Républicains représentent une part de l’électorat qui tend à se réduire.

Lors de l’élection présidentielle 2012, François Hollande avait été élu président de la République avec 51,64 % des suffrages exprimés, contre 48,36 % pour Nicolas Sarkozy. Au premier tour, les deux hommes avaient respectivement recueillis 28,63 % et 27,18 % des suffrages exprimés. Ils devançaient huit candidats : Marine Le Pen (17,90 %), Jean-Luc Mélenchon  (11,10 %), François Bayrou  (9,13%), Eva Joly (2,31%), Nicolas Dupont-Aignan (1,79%), Philippe Poutou (1,15%), Nathalie Arthaud (0,56%), Jacques Cheminade (0,25%).

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