Le dispositif Sentinelle mobilise 7 000 militaires en permanence en France depuis les attentats jihadistes de 2015. 
Le dispositif Sentinelle mobilise 7 000 militaires en permanence en France depuis les attentats jihadistes de 2015.  (IAN LANGSDON / AFP)

"Je les remercie d'être là" : des Parisiens rassurés par la présence des militaires de l'opération Sentinelle

L'attaque à la voiture bélier du mercredi 9 août contre une faction de militaires en patrouille à Levallois-Perret a déclenché de nombreuses critiques à l'égard de l'opération Sentinelle. Certains se demandent si les patrouilles sont vraiment utiles, et si elles ne deviennent pas contre-productives en exposant trop facilement les militaires. Depuis leur déploiement, ils font en tout cas partie de la vie quotidienne de nombreux Français. Franceinfo est allé à la rencontre de Parisiens pour savoir ce qu'ils pensaient de la présence de ces soldats pour nouveaux voisins.

Une "relation de confiance"

Dans le XVème arrondissement de Paris, une patrouille a élu domicile dans l'ancienne mairie d'arrondissement. Rose vit juste à côté et elle a appris à vivre avec ces "voisins" pas comme les autres  : "Je les vois entrer et sortir et je trouve cela assez rassurant. Je leur dis bonjour et pour le Nouvel An, je leur ai souhaité la bonne année. Ils étaient ravis et moi aussi."

Les militaires sont appréciés dans le quartier. Jacqueline, par exemple, exprime sa considération et par quelques mots sa gratitude : "Quand je les vois dans la rue, je les remercie d'être là". Pour la boulangère, cela va plus loin que de simples échanges d'amabilité : "Il y a une relation de confiance. On sait qu'ils sont là, mais on reste discret, explique-t-elle. Je ne vois pas pourquoi on irait interrompre des gens qui sont en train de faire leur travail."

Une présence "anxiogène" mais "légitime"

Les militaires du XVe arrondissement de Paris passent également souvent devant le salon de coiffure où se trouvent Christelle et Nathalie. La première soutient les militaires même si une distance s'impose : "C'est la barrière de l'uniforme. Ils ont autre chose à faire que répondre à nos questions". Même son de cloche pour son amie Nathalie : "On n'est pas là pour sympathiser".

Nathalie et Christelle balaient d'un revers de la main les critiques formulées à l'encontre de l'opération Sentinelle, où les militaires seraient désormais des cibles privilégiées : "Pas plus que les policiers et cela fait partie des risques du métier". Christelle concède que la présence des militaires peut être "anxiogène" mais elle est "légitime pour nous protéger".

Le reportage de Boris Loumagne dans le XVe arrondissement de Paris.

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