Un militaire français de l\'opération Barkane se tient à côté d\'un drone Reaper, le 14 mars 2016, à Niamey (Niger). 
Un militaire français de l'opération Barkane se tient à côté d'un drone Reaper, le 14 mars 2016, à Niamey (Niger).  (PASCAL GUYOT / AFP)

La France va se doter de drones armés en 2019

"J'ai décidé d'engager le processus d'armement de nos drones de renseignement et de surveillance", a déclaré, mardi 5 septembre, la ministre des Armées, Florence Parly, devant un parterre de militaires et de parlementaires à l'Université d'été de la Défense à Toulon (Var). La France va donc se doter de drones armés, rejoignant ainsi un club comprenant notamment déjà les Etats-Unis, Israël, la Grande-Bretagne et l'Italie.

Les Etats-Unis et Israël ont été les précurseurs dans ce domaine, suivis du Royaume-Uni. En Europe, l'Italie a obtenu en 2015 l'autorisation des Etats-Unis d'armer ses drones américains Reaper. Au Moyen-Orient, ils seraient également utilisés par l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l'Irak, l'Iran, le Pakistan et la Turquie, selon un rapport des sénateurs français Cédric Perrin et Gilbert Roger rendu public en mai. 

Une décision qui concernera d'abord les drones Reaper

"En pratique, cette décision concernera dans un premier temps les drones Reaper que nous avons acquis aux Etats-Unis. Il s'agira de les doter d'un armement guidé de précision", a expliqué la ministre.

La France possède actuellement six Reaper de General Atomics – cinq basés à Niamey pour les opérations de surveillance des jihadistes au Sahel et un à Cognac (sud-ouest) – dans une version non armée. "Mais à moyen terme, le futur drone européen dont nous réalisons les études en coopération avec l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne sera également doté d'armement", a-t-elle ajouté.

Ce ne seront pas des "robots tueurs", insiste la ministre des Armées

Pointant "les craintes et les amalgames" que la question des drones armés suscite, Florence Parly a insisté sur le fait qu'il ne s'agirait pas de "robots tueurs" et qu'ils seraient utilisés avec les mêmes règles d'engagement que les armes actuelles.

"Cette décision ne change rien aux règles d'usage de la force, au respect du droit des conflits armés (...) Les règles d'engagement pour les drones armés seront strictement identiques à celles que nous appliquons déjà", a-t-elle souligné.

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