Le fossile d\'un fémur appartenant à un reptile vivant il y a environ 90 millions d\'années, présenté jeudi 4 mai 2017 à Angers (Maine-et-Loire).
Le fossile d'un fémur appartenant à un reptile vivant il y a environ 90 millions d'années, présenté jeudi 4 mai 2017 à Angers (Maine-et-Loire). (LOIC VENANCE / AFP)

Le fossile d'un reptile marin rarissime découvert dans le Maine-et-Loire

Les chercheurs évoquent une découverte "exceptionnelle", qui "change beaucoup de choses". Le fossille d'un prédateur marin de cinq à six mètres de long et vieux de 90 millions d'années, récemment extrait d'une cave troglodyte privée du Maine-et-Loire, a été présenté jeudi 4 mai au Muséum des sciences naturelles d'Angers.

"Cet animal a été trouvé dans des niveaux qui datent d'il y a 90 millions d'années et de cet âge-là, en Europe, pour le groupe des plésiosaures, on ne connaissait rien ou juste quelques petits éléments isolés, des vertèbres par exemple, mais rien d'aussi important et d'aussi complet", s'enthousiasme Peggy Vincent, paléontologue au Muséum national d'histoire naturelle de Paris, venue étudier à Angers ce spécimen de la famille des plésiosaures.

Une propriétaire intriguée à l'origine de la découverte

Des ossements fossilisés de reptiles marins de cet âge avaient déjà été retrouvés en Afrique du Nord et aux Etats-Unis. Avec cette première européenne, les paléontologues vont "pouvoir faire des comparaisons et comprendre comment ce groupe-là s'organisait à cette époque-là", souligne la chercheuse. Ce spécimen angevin pourrait être celui "d'une nouvelle espèce", ou si l'animal est déjà connu, cela voudrait dire qu'il a migré, explique-t-elle.

"Il est probable qu'avant plusieurs décennies on ne fasse pas de telles découvertes dans la région et on aurait pu passer complètement à côté" si la propriétaire de la cave troglodyte n'avait pas eu "la fibre scientifique", relève de son côté Benoît Mellier, chargé des collections du Muséum d'Angers.

La découverte des ossements fossilisés de ce grand reptile marin remonte à 2013. "Une dame nous contacte au Muséum et nous dit : 'Voilà, j'ai trouvé quelque chose de bizarre dans ma cave.' En allant sur place, on constate la présence d'un os massif", tombé du plafond de la cavité, dans une ancienne champignonnière, sur la commune de Tuffalun, retrace-t-il.

Une mandibule d'un mètre retrouvée

Après un long travail, les paléontologues ont pu extraire tous les ossements qui étaient visibles au sommet de la voûte, dont une mandibule complète et très bien conservée, d'un mètre de long.

(LOIC VENANCE / AFP)

Les pièces les plus significatives ont été exposées sur deux tables dressées dans la petite cour du Muséum des sciences naturelles d'Angers. Avant de pouvoir être présenté au grand public, le fossile doit encore être totalement dégagé et faire l'objet d'une étude paléontologique complète. Un travail qui "ne fait que commencer", a précisé Peggy Vincent.